De loin, ça ressemble au français mais Monsieur Bescherelle n’est pas passé par là. C’est du français parlé par des japonais, ou plutôt écrit par des commerçants japonais: sur les enseignes des restaurants, sur les cahiers, sur la bouteille de shampooing ou encore sur les vêtements…un peu de partout en fait. Le français est la langue de l’amour et de la mode et la France le pays de la bonne bouffe ! Ca fait chic d’écrire en français.


En plus, les japonais aiment la France et sa langue. Plusieurs fois mes collègues m’ont demandée de leur parler en français, même s’ils ne captent rien, ça sonne bien ! Là il ne faut pas croire qu’eux parlent le français si l’on omet « bonjour », « Paris », « un, deux, trois », « Zidane » et « France Gall »!!!
En tout cas, c'est bien drôle, il reste quelques progrès à faire :
Magasins "Un dix cors", "Le souk prix"...
...ou encore "Frivole - be an angel - cocue" et un magasin de haute coutre.
J'aime bien celui là : "Olive des Olive" ! Sinon dans le registre de l'incompréhension, "Raffine, Profone, beau", et "La chambre d'ine, petite fleur de stratosphère" . Ils ont fumé quoi?...
...sûrement un champ entier de herbe!!!


Les toilettes Toto font de bonnes blagues et y'a du laisser aller dans le métro.
En même temps, il est fort possible que les japonais en vacances à Paris prennent, tout comme nous, pleins de photos de perles de "japoçais"!!
Le Mont Fuji est l'un des sommets les plus mythiques sur Terre au même titre que l'Everest, le Mont Blanc, l'Annapurna, le Kilimandjaro, le K2, la Dent de Crolles... L'autre particularité est qu'en terme de difficulté d'ascension, c'est le niveau juste au dessus de la Dent de Crolles (face Sud.. il convient de préciser avant que certains connaisseurs qui n'en ratent pas une nous fassent une petite note sur la technicité de la face Est). La renommée du Fuji n'est pas due à son altitude, son rapport à l'histoire de l'alpinisme ou à sa difficulté d'ascension (quoique.. en hiver, il semble que ce soit un gros défi notamment en raison de sa pente (de 0 à 40 degrés) et du sol qui sont propices aux grosses avalanches). Sa renommée est essentiellement liée à son esthétique, à sa forme conique parfaite, symbole naturel du Japon que l'on va retrouver souvent dans l'art japonais. En plus de sa forme parfaite, son isolement ajoute fortement au côté majestueux de ce sommet : la base de la montagne, sur tous les côtés est une plaine à 800m d'altitude.





Pour une première ascension (ce n'était pas une première historique (voir plus loin), une première pour nous seulement), nous avons donné dans le classique. Un bus nous a amenés de Tokyo à la 5ème station à 2300m (la montagne depuis la base jusqu'au sommet comprend 10 étapes fictives, ou « stations ») en 2h30min et il reste ensuite 1500m de dénivelé positif à parcourir. L'ascension se fait souvent de nuit de manière à voir le lever du soleil depuis le sommet, moment de la journée où la vue est le plus souvent dégagée. En Septembre (la saison d'ascension est officiellement en Juillet-Août seulement), il n'y a pas beaucoup de bus et on s'est finalement retrouvé à la 5ème station à 14h. Pas le temps de monter au sommet (3h30 - 4h en marchant bien) avant le coucher du soleil et beaucoup de temps à attendre à la 5ème station si on choisit de décoller vers 11h-minuit pour le lever du soleil au sommet. A l'office du tourisme, on nous dit que l'on peut se poser en mangeant un ramen à un refuge à 3250m encore ouvert à cette période. Ceci nous a permis de monter de jour une bonne partie avec de belles vues de l'ombre du Fuji au soleil couchant sur la mer de nuage.
On a mis environ 2h45 sans trop se presser. Bon finalement, le refuge c'était 6 000 yens (40 euros) pour rentrer et extinction des feux à 9h obligatoire, mais il n'y avait pas vraiment le choix, il faisait environ 0 degrés dehors. Départ vers 3h du matin avec sa frontale, il reste ensuite 1h-1h30min d'ascension jusqu'au sommet. Quelques japonais utilisent des petites bombonnes portables d'oxygène, ambiance, shhh, shhh, shhh !!!!! C'est bien sympa, il fait froid, il y a de la neige-givre sur le sol et la raideur de la pente est de plus en plus importante au fur et a mesure que l'on monte depuis la 5ème station jusqu'au sommet. Lever de soleil.. C'est trèèèèèss beauauauuuu, bon allez on se casse !! :).







On était entre 50 et 100 personnes au sommet. Le nombre de personnes atteignant le sommet est estimé à 200 000 par an dont 30% d'étrangers, ces 200 000 se rejoignant tous quasiment en Juillet-Août, il y a, à cette période plus de 1000 personnes à 5h du matin au sommet (voir ici). Néanmoins, atteindre le sommet reste un grand événement pour un japonais puisqu'à peine 1% de la population y a accédé. On a fait ensuite le tour du cratère, de manière à aller voir son ombre dans la plaine, 3000m plus bas.

La descente est rapide est assez agréable puisqu'elle se fait en bonne partie dans de la lave « sablonneuse ». Nous avons choisi un itinéraire de descente (Subashiri route) différent de celui de la montée (Kawaguchiko route) empruntant un « sanding sail », une pente de sable volcanique (il y en a une aussi sur la Gotemba route). Cette portion permet de courir et de descendre 800m de dénivelé en 10 minutes. Arrivée à la 5ème station de cette route à 2000m en moins de 2 heures.


Une phrase japonaise dit : « Celui qui ne grimpe pas au sommet du Fuji est un fou et celui qui y grimpe deux fois est deux fois fou ». Julie semble vouloir respecter cette phrase :) Moi je le referais bien d'une autre manière.. deux options me semblent pas mal : la première est de monter de jour jusqu'au sommet, regarder le coucher de soleil (qui vaut plus le coup que le lever au niveau des couleurs je pense, mais il doit moins souvent faire beau), redescendre au refuge à 3250m et remonter le matin pour le lever du soleil. La deuxième est un peu plus ambitieuse et un peu plus belle aussi, monter depuis le bas (7-10h).. il n'y a pas beaucoup d'endroits dans le monde ou, sans trop de moyens, en une journée, on peut faire 3000m de dénivelé positif sans interruption pour atteindre un sommet.
A noter que c'est en été que le Fuji est le moins beau et que c'est depuis le Fuji que l'on voit moins bien le Fuji.. vous aurez donc probablement droit à d'autres photos de ce sommet partiellement enneigé, en Automne, en Hiver, au Printemps prochainement.


Pour ceux qui ont peur de l’avion, il est possible de venir nous rendre visite … en train.



Actuellement le trajet prend un peu de temps mais n'est certainement pas dénué d’intérêt (on pourrait peut être bien se le tenter au retour nous…) : Paris – Moscou, 2 jours, Moscou – Vladivostock par le Transsibérien, 9258 km direct sans changement, 7 jours … ou bien Moscou – Pékin par le Trans-mongolian (7 jours aussi), et un petit bateau pour finir, 2 jours et demi. Pays traversés : Allemagne, Pologne, Russie (Mongolie, Chine). Ca c’est si vous prenez le rapid mais il y a un Transsibérien Moscou – Vladivostock qui fait quelques détours dans la toundra, qui met 9 jours et qui peut même aller s’aventurer jusqu'à Pyongyang en Corée du Nord…
Donc ça c’est aujourd’hui mais si vous attendez un peu (genre un siècle), il ne vous faudra peut être que 2-3 heures. On est allé dernièrement au musée des sciences Miraikan à Tokyo et nos amis japs étant assez passionnés par les trains, une partie du musée concerne l’avenir du train. Le Maglev est un train utilisant le principe de la lévitation magnétique à partir de matériaux supraconducteurs. L’intérêt est l’absence de frottements par rapport à un train classique puisqu’il ne touche pas les rails. La vitesse n’est plus limitée que par la résistance de l’air … Récemment, un train japonais de ce type a battu le record du monde de vitesse pour un train (580 km/h), alors détenu par le TGV français.
Si on envisage la construction de tubes à vide, on arrive alors au Vactrain pouvant théoriquement atteindre des vitesses de 5000-8000 km/h, laissant Paris à 2 heures de Tokyo. Bon après, c’est pas gagné, à de telles vitesses, la moindre courbure va créer des forces centrifuges énormes. Et si c’est a priori très bénéfique en terme de consommation d’énergie, je me demande bien la quantité d’énergie consommée pour la construction et l’entretien de tubes a vides de milliers de km …. Enfin bon c’est bien intéressant, si vous voulez vous documenter...
Sinon, il y a aussi un excité qui est venu de Paris à Tokyo en courant, c’est une autre solution… 19300 km, 276 jours sans repos, ce qui fait 70 km par jour … taré. Il avait une tendinite au tendon d’Achille à l’arrivée … non sans déc. !!!! (La presse ne dit pas comment il a fait pour courir entre la Chine et le Japon qui est tout de même un archipel, enfin bon … nager 500 bornes, ça doit pas être un problème pour ce gars là .. LOL)

Lors de notre visite à Kyushu, nous sommes passés par le volcan Aso-san. Ce volcan est actuellement dans une période d'activité « modérée » (je ne sais pas si ce qualificatif est agréé par la fédération internationale des volcans mais bon...). Il est possible de s'approcher du cratère selon le sens du vent. Le fond du cratère est un lac d'acide sulfurique (ou autrement dit, de l'eau acidifiée par le soufre, cf. vidéo sur la formation des lacs d'acide) qui bouillonne pas mal (320 degrés Celsius ??) et qui dégage donc du soufre (bonne odeur d'oeuf pourri).

Quand nous sommes arrivés, nous ne pouvions pas nous approcher mais les petits vendeurs de soufre pour touristes étaient déjà installés près du cratère … 20 minutes après on pouvait s’approcher et 1 heure après, c’était de nouveau fermé … tout ça avec la sono de sécurité japonaise en continu … en gros c’est un peu folklo. Ce volcan, de type explosif donc dangereux (quelques abris anti-bombe sont là pour se rassurer, en même temps la vidéo du volcan explosif St Helens aux US – elle est ENORME !!! – elle rassure pas sur les abris anti-bombe …) est considéré comme l’un des plus actifs avec 170 éruptions majeures depuis l’an 553. Mais il semble que ce ne soit rien par rapport à ce qu’il s’est passé il y a 90000 – 300000 ans. En effet ce cratère n’est en fait qu’une broutille au milieu d’une énorme caldera qui s’est formée grâce à 4 éruptions exceptionnelles il y a 90000 – 300000 ans. La caldera (photographiée d’avion ici) mesure 120km de circonférence et elle est l’une des plus grande au monde. Il y a 90000 ans, l’éruption la plus importante des 4 a recouvert de cendres l’île de Kyushu en entier. Les explosions de volcans sont classées par catégories, celle-ci fait partie de la VEI-7, avec 600 km3 évacué (sensiblement équivalent au volume du Fuji-san, le record des supervolcano étant 5000m3, c’est la caldera Garita au Colorado, formée il y a 27 millions d’années). Pour avoir une référence, l’éruption énorme du St Helen que j’espère vous avez regardée plus haut, fait 2.5 km3 …



Au milieu de tout ce gravas (très vert en été), nous, on est allé faire une petite rando au sommet du coin, le Naka-dake, 1506m, en contournant (évidemment...) le cratère. Après une première boucle, il est possible de faire une deuxième ascension en plein cagnard au Kijima-dake, 1270m, histoire d'aller jeter un coup d'oeil sur le cône parfait du petit Komezuka. L'anecdote (pour les fans de groupe sanguins, d'astrologies et autres croyances... suivez mon regard :)...) dit qu'il a cette forme parfaite parce que le dieu Takeiwatatsuno-mikoto a retiré le riz de la montagne pour le donner aux japonais affamés...
Le prochain chapitre Science de la Terre concernera les tremblements de terre.



Les principaux volcans du Japon


Début août, accompagnés de popa-moman en visite au Japon, nous sommes allés faire un petit tour à Kyushu, l'île la plus au sud du Japon. En guise de challenge, nous avons choisi le plein été pour visiter cette zone du Japon réputée chaude... Arrivée a Fukuoka-Hakata après 6h de Shinkansen depuis Tokyo. Première destination : Karatsu, ville un peu paumée, visite de quelques poteries aux prix démentiellement élevés (du genre 100,000 yens la tasse !). Nagasaki ensuite : début août, il fait très, très chaud à Nagasaki. Bon musée sur la bombe atomique de 1945. Direction le volcan Aso-san ensuite, précédé d'un bref passage au château de Kumamoto. Rando aux alentours du volcan Aso et vue du lac d'acide. Dernière étape : Beppu où l'on peut dire que la chaleur était insoutenable. Cette ville fume de ses nombreuses sources d'eaux chaudes naturelles (onsen 温泉) et de ses fameux « enfers ». Du coup, rando sur les montagnes alentours le jour suivant (Yufu-dake, 1584m) avant le retour pour Tokyo. Bilan : ça vaut le détour et la casquette est obligatoire!
Joli port de pêche de Yobuko, petite ville au nord de Karatsu.
Vue de Nagasaki depuis le jardin Glover
Le cratère du Mont Aso et son lac turquoise d'acide sulfurique
Le château de Kumamoto
Un petit coup de chaud les Weber?
Beppu, la ville fumante
Un "enfer" à Beppu




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