Samedi 26 août 2006

Je remarque quelques particularités de la vie courante japonaise que nous n’avons pas en France et qui sont pourtant des « évidences » selon moi. Je ne parle pas ici des caractéristiques liées à la puissance économique du Japon ou à la personnalité des japonais (ex : Shinkansen Tokyo-Osaka toutes les 5 minutes sans jamais un retard …soit 300 par jours, ou bien encore les superettes ouvertes 24h sur 24 à chaque coin de rue) mais de petits avantages qui pourraient très bien exister en France.

Les caisses des supermarchés. C’est ce qui me concerne le plus puisqu’elles permettent aux personnes pas très rapides de rester cool. En France, il faut prendre une suée pour remplir ses sacs, histoire de désengorger le tapis roulant et de ne pas être contraint de finir sous le regard de la caissière, qui comble de la honte, décide de venir vous aider. Ici, il y a deux caddies, un avec mes produits et un vide, la caissière scanne mes produits puis les pose dans le deuxième caddie vide, je paye puis je vais faire mes sacs tranquillos un peu plus loin dans une zone prévue à cet effet.

La caisse de la caissière. La caissière n’a jamais besoin de faire les comptes donc il ne peut pas y avoir d’erreurs lorsqu’elle rend la monnaie. Sa caisse est spécialement conçue pour que lorsqu’elle insère les billets et les pièces, la machine lui renvoie automatiquement la monnaie correspondante. Rapide et infaillible !!! Pendant ce temps, la caissière a tout le loisir de vous répéter Aligaaatoooo gosaaiiiimachhtaa (merci) jusqu'à ce que vous soyez parti.

Les factures. Outre le prélèvement automatique, toutes les factures (gaz, électricité, téléphone, eau, loyer …), après être reçues chez soi peuvent se payer dans les konbinis (コンビニ, abréviation de l'anglais convenience store, superettes) ouverts 24h sur 24 à chaque coin de rue. Pas d’envoi par la poste avec recherche d’une enveloppe et d’un timbre pendant 3 jours.

Le confort du Shinkansen. Le TGV japonais est nettement plus confortable que le notre. Ce qui change tout : l’espace que l’on a pour les jambes, environ le double de celui du TGV seconde classe, c’est même plus spacieux qu’en première je pense. Ceci est notamment  liè au fait que tous les sièges peuvent pivoter de 180 degrés (il faut donc de la place…) de manière à être dans la direction du transport à l’aller comme au retour. 

Les tickets de métro. Il n’y a aucun ticket de métro qui traine par terre à Tokyo puisque le système des tickets empêche cette possibilité. On passe son ticket en entrant dans un « tourniquet » et le ticket est avalé par le tourniquet à la sortie.

Les recommandés livrés. Lorsque l’on reçoit un recommandé et que nous sommes absents, il suffit, avec le ticket qui a été laissé comme avis de passage, de téléphoner à la poste et de demander quand est-ce que l’on souhaite que le colis nous soit livré. Pas de queue d’une heure à la Poste pour recevoir son misérable carnet de chèque mais bon, il faut savoir parler japonais au téléphone…

Après, il y a des choses plus discutables mais tout de même intéressantes :

Les cyclistes en ville sont considérés comme des piétons. Ils roulent sur les trottoirs le plus souvent et prennent les passages piétons. Pas d’histoire de pistes cyclables trop peu nombreuses, moins de danger pour les cyclistes, pas de code de la route cycliste, moins de souci pour les automobilistes. Il n’y a pas spécialement de problèmes cyclistes-piétons alors que le nombre de cyclistes est beaucoup plus nombreux qu’en France.

Les cartes d’orientations. Les cartes géographiques de quartiers dans Tokyo ne sont pas dessinées avec le haut de la carte correspondant au Nord mais avec le haut de la carte correspondant à ce que l’on a devant les yeux actuellement en regardant cette carte particulière. Personnellement, je préfère les cartes classiques avec le Nord en haut mais je pense aux femmes qui bien souvent ne savent pas où est le Nord et je comprends l’intérêt de ces cartes … ;)

Notons aussi une particularité, plutôt pas pratique cette fois, de l’orientation à Tokyo. Les adresses ne comportent pas de nom de rues, et pas de numéro de bâtiment. Elles n’affichent que le nom du quartier puis le numéro d’un bloc à l’intérieur d’un numéro de bloc, lui-même a l’intérieur d’un numéro de bloc, ces numéros de blocs n’existant pas visuellement dans les rues mais uniquement sur des plans que les facteurs connaissent par cœur. Pour se rendre à un endroit précis il faut donc avoir analysé préalablement un vague plan situant le lieu par rapport à la station de métro, la station service et le konbini le plus proche.

par Olivier W. publié dans : Japon
Mercredi 23 août 2006
logo manglish


J'ai trouvé un autre moyen d'apprendre le japonais : la lecture de manga ! (ça changera des dialogues un peu terre à terre de notre méthode Minna No Nihongo).
En français le mot manga désigne les bandes dessinées japonaises mais ici le terme est plus général. Manga (漫画 ou まんが
) signifie littéralement « image dérisoire » ; l'image doit aller droit au but afin d'être comprise par tous. Ce mot désigne à la fois la bande dessinée, les dessins animés et les caricatures de presse.
Au Japon, on trouve des manga (BD) (sous forme de magazine petit format) de partout : abandonnés dans le métro, sur une étagère dans les hôtels, sous les tables des restaurants pour faire patienter le client, dans les superettes ouvertes 24h sur 24... C'est un phénomène de masse (50% des japonais lisent au moins un manga par semaine). Leur prix est bien moins cher qu'en France : 400 yens soit environ 2,7 euros. J'ai appris au passage que la France était, avec 10 millions d'exemplaires annuels, le plus gros "consommateur" de manga au monde après le Japon !
Je n'ai jamais été une grande fan de BD japonaise. Mais juste avant de partir j'ai dévoré « Le sommet des dieux », manga en 5 tomes écrit par Jiro Taniguchi sur le monde de l'alpinisme. Maintenant que je suis au Japon j'ai bien envie de connaître d'autres textes et d'en profiter pour apprendre le japonais. Je viens de découvrir un site qui, entre autres 1, met en ligne des manglish. Késako ? Ce mot un peu barbare est la contraction des mots manga et English. Les manga originaux sont en ligne, en japonais. Mais il suffit de positionner la souris sur les bulles que l'on ne comprend pas et la traduction en anglais apparaît comme par magie. Les japonais qui veulent apprendre l'anglais peuvent aussi utiliser ces manglish. Deux petits bémols : le texte original est quelquefois écrit trop petit et les kanji ne comportent pas toujours de furigana.

1 : Le site propose aussi les infos japonaises en anglais, la météo, des sudoku à remplir, des traductions (en anglais) de haiku...

par Julie W. publié dans : Japon
Lundi 21 août 2006

Aujourd’hui au boulot on m’a demandé mon groupe sanguin. « Heuuu B négatif ». Au vu de la tête de mes collègues ce n’était pas une bonne réponse ! Pas pour le « négatif » mais pour le B. J’ai donc appris qu’au Japon les 4 groupes sanguins (A, B, O et AB) remplacent nos signes du zodiaque ! Cela s’appelle le 血液型 (けつえきがた Ketsu-eki-gata).
Je schématise un peu mais les plus appréciés sont du groupe A, car ils expriment peu leur émotions, sont perfectionnistes et font preuve de délicatesse envers les autres, ou encore du groupe O, dotés de qualités de leaders. En revanche, les porteurs du groupe B sont réputés pour placer leur goût de la liberté au dessus des valeurs collectives, ce qui n’est pas bien vu dans la société japonaise. Quant aux « AB » ils ont une double personnalité, ils oscillent entre le caractère des « A » et celui des « B »… Un peu facile...
Je me suis renseignée, il n’y a pas que des points négatifs quand même : les « B » sont des personnes passionnées et inventives. Bon, toujours est-il que c’est le signe qu’il ne faut pas être au  Japon. En effet, ça touche aussi les cabinets de recrutement du personnel. J’ai lu qu’un cabinet spécialisé dans le recrutement des équipages pour le compte de grandes compagnies d'aviation asiatiques, considère qu'un équipage idéal doit comprendre 68% de personnes de groupe "A"! Cette technique de recrutement fait aussi son apparition aux Etats-Unis. Hallucinant : une discrimination par le sang !
Park-san, le coréen de mon labo (groupe sanguin A), m’apprend que cette croyance est très présente en Corée. Il y a eu un film réalisé en Corée du Sud l’année dernière « My boyfriend is type B » racontant une histoire d'amour a priori impossible entre un coréen du groupe B et une coréenne du groupe A.
D’après Chen-san, un des deux chinois de mon labo (groupe sanguin inconnu – c’est certainement parce qu’il est B ;) cette croyance n’existe pas en Chine.
Petite anecdote : lorsque j’entre un nouveau contact dans mon répertoire de téléphone portable, en dessous du nom, prénom et adresse, il y a une case dédiée au groupe sanguin ! Je comprends mieux pourquoi !
Le plus drôle c'est que dans mon labo, les trois personnes le plus haut placé - le professeur Toriumi-sensei, le professeur assistant Kita-san et l'ingénieur Nishimura-san - font toutes partie du redouté groupe B.

 

par Julie W. publié dans : Japon
Samedi 19 août 2006

Petit topo sur les toilettes japonaises. Je ne parle pas des toilettes dites traditionnelles, que l’on nomme ici Japanese style et qui ressemblent un peu à nos toilettes turques (ou plutôt à un bidet posé sur le sol). Je veux parler des toilettes dites occidentales ou encore Western style. Au premier abord, ça ressemble à nos toilettes…jusqu’à ce que l’on pose les fesses dessus et que l’on se rende compte que le siège est chaud et qu’il y a un tableau de bord sur le côté du siège. Ce sont de véritables toilettes high-tech. J’ai compté, dans notre appart, la commande possède exactement 23 boutons ! Comme le siège chauffant en plein mois d’août c’est peu agréable, nous avons tout simplement appuyé sur le seul bouton que l’on comprenait : OFF (ou plutôt 切).


Ces toilettes modernes sont communément appelées Washlet (ウォシュレット) à prononcer à l’anglaise avec un accent japonais « wochouleto », abréviation de washing toilets, les toilettes lavantes. Ce nom vient du fait que l’on n’utilise pas de papier pour se nettoyer mais de l’eau. Il y a donc deux boutons que l’on retrouve sur tous ces WC : un bouton avec un dessin de fesses et un bouton avec un dessin de fille. Ils permettent d’enclencher un gicleur qui va projeter de l’eau dans 2 configurations possibles (suivant le bouton actionné…je vous laisse imaginer !). La pression du jet ainsi que la température de l’eau sont réglables. Ensuite, il faut actionner le séchage par ventilation, bien sûr la température est aussi réglable. Ces boutons sont à manier avec précaution car si l’on est curieux et que l’on appuie dessus la tête au dessus des toilettes, on se prend une bonne douche et généralement comme ça surprend un peu, on met du temps à réagir et les toilettes sont complètement inondés (ça sent le vécu ;). Maintenant sur les derniers modèles, un capteur de pression ou de présence est incorporé sur la lunette et permet de ne déclencher le jet d’eau que lorsqu’une personne est assise ! Et il y a encore pas mal d’autres gadgets : ouverture automatique de la lunette, ventilation anti-odeur, chasse d'eau automatique après usage, chauffage et climatisation pour les pièces…la société TOTO qui a inventé ces toilettes les plus sophistiqués du monde figure dans le Guinness des records.

Autre caractéristique courante et essentielle de ces toilettes : la diversion sonore. Il s’agit d’une touche facilement reconnaissable car il y a souvent des petites notes de musique dessus. Si vous pensiez pouvoir profiter de la radio aux toilettes, ce n’est pas le cas (tiens ils auraient pu y penser…ça peut être pas mal d’avoir les infos le matin…quoi qu’il faudrait que l’on fasse des progrès en japonais d’abord ;). Ce bouton une fois appuyé reproduit le son de la chasse d’eau (beaucoup mois agréable que la radio!). Cette touche se trouve essentiellement dans les toilettes des filles et pour cause : les japonaises sont embarrassées à l'idée que quelqu'un d'autre puisse les entendre (même syndrome que Tominou ;). Pour couvrir le bruit, elles laissaient couler continuellement la chasse d’eau des toilettes. Ce bouton empêche ce gaspillage d’eau inutile ! Ce dispositif se nomme Otohime (音姫), ce qui signifie « le son de la princesse » ! Ils sont poétiques ces japonais !

Un autre détail ingénieux permet d’économiser de l’eau. Comme vous pouvez le voir sur la photo de nos toilettes, il y a un robinet au dessus de la chasse d’eau. Lorsque l’on tire la chasse, il permet de se laver les mains avec l’eau qui sera utilisée pour la chasse suivante…pas bête !

Si vous voulez vraiment tout savoir sur les washlets, je vous mets deux petits liens dont je me suis inspirée : le premier permet de voir des vidéos des toilettes high-tech et le second retrace toute l’histoire des toilettes japonaises.

Pour faire la photo de nos toilettes en action, j’ai du coller un bout de papier sur le détecteur de présence et beaucoup essuyer !!!!

par Julie W. publié dans : Japon

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