Dimanche 8 avril 2007
J’avais noté sur mon calendrier qu’il y avait le festival du dragon doré appelé Kinryu-no-mai dans l’enceinte du temple Senso-Ji à Asakusa. Nous voilà donc dans ce quartier, situé au nord-est de Tokyo, bordé par la rivière Sumida. On commence notre ballade par la rue que j’appelle la rue de la vaisselle. Elle est facilement identifiable ; un gros cuisto à la toque blanche et des tasses aux couleurs françaises indiquent l’entrée.
On y trouve tout ce qui a un rapport avec la cuisine et les restaurants au Japon : des tas de casseroles, des tas de vaisselles, des lanternes décoratives, des norens (rideaux de coton accrochés aux portes d’entrée des restos) ou encore les décorations en plastiques présentées dans la vitrine, très pratiques pour ceux qui ne comprennent pas un mot de la carte ! Ce jour là, la rue était moins animée que d’habitude mais on a quand même pu ressentir l’ambiance à travers la dixaine de magasins ouverts.
Puis nous avons traversé la Nakamise Dori, la rue commerçante du temple en nous arrêtant dans de nombreuses boutiques : comme d’hab, j’achète mes gâteaux à la crème de haricots rouges (pas trop de succès auprès des parents), les parents choisissent un noren décoré d’une estampe, on recherche la poupée en bois commandée par un ami en France…
On rejoint la cour du temple peu avant le dragon d’or : 18 mètres de long, il serpente à travers les allées encombrées du temple en suivant une boule dorée, porté par huit japonais en yukata. Après la danse tous les japonais accourent vers le dragon pour le toucher…ça doit surement porter bonheur !
Nous mangeons des okonomiyaki et des yakisoba dans les stands du festival, autour de cosplays venus en nombre ce jour-là.
Puis direction Ginza, plus au sud. Les champs-Elysées de Tokyo, où l’on observe une manif : « No war », c’est la seule banderole que l’on a comprise. On traverse ensuite le jardin du palais de l’empereur avant de reprendre le métro pour Roppongi. Au 52ème étage de la tour on observe Tokyo de jour. Et après la visite du musée d’art Mori  (sur l’humour dans l’art contemporain), c’est Tokyo de nuit qui s’étale sous nos pieds.
par Julie W. publié dans : Tokyo
Samedi 7 avril 2007
Ca y est les parents sont déjà repartis en France, ils ont passé trois semaines à découvrir le Japon. Je vais poster quelques articles pour décrire brièvement leur séjour illustrés par les photos prises principalement par Jean-Luc avec son super appareil acheté sur place.
Retrouvailles le vendredi 16 mars à la sortie du métro situé à 10 mètres de notre porte d’entrée. Après une petite douche et malgré la fatigue du voyage, nous partons faire le tour de l’Université de Tokyo (Todai), il fait beau mais bien froid et les cerisiers ne sont pas encore en fleur.
Puis direction Akihabara, le quartier de l’électronique. Je savais que le passage dans le gigantesque Yodobashi Camera, le Darty japonais sur au moins 7 étages, allait nous être fatal. Les vendeurs courent dans tous les sens pour servir au mieux les clients. D’autres restent immobiles mais munis de haut-parleurs, ils braillent des « irashaimase » (bienvenus)
et font la pub du produit en solde du moment. Très vite fatiguant! On ressort avec un bel appareil photo numérique (malgré la déception pour le boîtier numérique Canon non compatible avec les objectifs français) et un bon mal de crâne. Pour achever complètement les parents, nous rentrons à l’apartement à pied en passant par les petites rues foire fouille d’Akihabara (où les petits boutiques déballent leur stock d’ordi, câbles, piles, calculettes… sur les trottoirs) puis par le temple Kanda Myojin, très calme de nuit, peu éclairé et quasiment désert où seuls quelques salarymen entraient faire une petite prière à la sortie du boulot.
Le lendemain, après une bonne nuit récupératrice pour les parents, nous descendons le grand boulevard Kasuga pour aller nous promener dans le quartier populaire de Ueno. Premier arrêt au Yushima Tenjin. Plus une seule fleur sur les pruniers. Dans la cour du sanctuaire, les « portes-plaquette-en-bois » débordent. Sur ces plaquettes en bois, appelés ema (絵馬), ce sont principalement les étudiants ici qui viennent écrire leur prière afin de porter chance pour les examens à venir.























Puis nous entrons dans le Ameyoko, marché en plein air où se mélangent poissons, épices, fruits secs, magasins de chaussures (en surnombre), de vêtements de marque pas chers…on craque pour de la confiture et compote bonne maman et un sac rempli de sucreries. Puis nous traversons le parc Ueno où les préparatifs pour Hanami sont déjà installés. On retrouve Olivier pour manger dans un petit resto de tempura situé juste dessous la ligne de train Yamanote. A chaque passage de trains (c'est-à-dire à peu près toutes les 2 minutes) tout le resto tremble.

Après une halte plus longue que prévue au dessus des rails (sur le pont, des japonais équipés d’appareils photo de compet nous expliquent qu’un vieux train va passer, après 20 minutes d’attente, nous photographions comme des moutons le vieux train en question qui à nos yeux n’a vraiment rien d’exceptionnel…), nous passons la fin de l’après-midi à regarder l’exposition permanente du Musée National de Tokyo, à parcourir les galeries représentatives des grandes périodes de l'art japonais et à attendre Jean-Luc qui testait toutes les options sur son nouvel appareil ;).




















Coucher de soleil sur le lac du park Ueno en rentrant à l'apart.
Repas dans un izakaya (bar-restaurant) à Shinjuku, quartier animé où les parents sont impressionnés par les néons et le monde. On est loin de Surgères !
par Julie W. publié dans : Tokyo
Lundi 26 mars 2007
Séisme important dimanche matin, à 6.9 sur l’échelle de Richter. Avec plusieurs répliques et une forte activité sismique toute la journée. Les sismographes ont relevé près de 130000 séismes sur le Japon (la plupart trop faibles pour être ressentis) contre 19000 samedi.


Tremblements de terre les plus importants sur l'ensemble du Japon dimanche dernier.



Activité sismique des 7 derniers jours sur la péninsule de Noto.



Vitesse verticale du deplacement du sol partout sur l'archipel, durant les 2 minutes du tremblement de terre, dimanche à 9h42.
 
L'épicentre du séisme a été localisé à 11 km de profondeur sous le plancher sous-marin au large de la péninsule de Noto, dans la préfecture d'Ishikawa, côté mer du Japon. Situé à environ 300 km à l'ouest de Tokyo le tremblement de terre a été ressenti chez nous au 13ème étage, mais rien de violent. Comme d’habitude je dirais. En moyenne, ca tangue légèrement (sensation assez particulière tout de même) tous les 15 jours à Tokyo … en attendant le Big One.

La Mégapole de Tokyo, la plus peuplée au monde, regroupe 35 millions d’habitants, (l’équivalent du grand New-York + grand Londres !) à l’intersection de trois plaques tectoniques (et d’une 4ème pas bien loin) qui bougent. En moyenne, la zone est frappée par un tremblement de terre majeur et dévastateur tous les 69 ans. Le dernier était le grand séisme du Kanto en … 1923 qui avait entièrement détruit Tokyo et fait 140000 victimes. Les chances (ou plutôt le risque) qu’un gros tremblement de terre survienne dans les 20 ou 30 ans sont ainsi très élevées (j’ai lu de 20% a 70%). Ajoutons le risque associé de tsunami (津 tsu, « port » et 波 nami, « vague ») puisque Tokyo est en bordure de l’océan Pacifique. D’autres lieux très peuplés tel que la Californie ou Istanbul attendent aussi leur Big One.
Le principal problème est que la catastrophe n’est pas prévisible à court terme. Et le séisme de Kobe, en 1995 n’a pas vraiment rassuré sur la faculté du Japon à minimiser le nombre de victimes dans une grande ville. Les Tokyoïtes se préparent donc à l’inévitable (ce côté inévitable est bien particulier je trouve), du simple kit de survie, radio émettrice, lampe torche etc à côté de soi dans le lit jusqu’aux ensembles parfois complètements délirants tel qu’un WC portable pour chien (au cas où la personne se retrouve bloquée très longtemps au même endroit que son chien .. c’est utile). En discussion avec Takagi-sensei lorsqu’une secousse est survenue il y a quelques mois, il me dit : owhhow, … (silence figé) … ok ça semble être gentil. En général, on ne se précipite pas sous une table comme il est recommandé, on observe .. puis il s’est mis à plaisanter : « de toute façon, le jour du Big One nous n’aurons même pas le temps de nous demander si il faut aller sous la table .. » Réjouissant … mais c’est vrai que les consignes de sécurité me semblent valables essentiellement pour des séismes ni trop gros ni trop faibles.

Du côté des points rassurants, on peut se dire que Tokyo est prête à trembler. Contrairement à Kobe, le séisme est attendu, l’organisation est au point (je pense :) pour secourir et porter assistance, puis pour vivre longtemps sans électricité et sans eau. Une grande partie des bâtiments sont construits avec des normes anti-sismiques, notamment depuis 1995 et le drame de Kobe. Après, tout dépendra de la puissance du Big One et du moment (heure de pointe, hiver ou été ..etc.). Le nombre de victimes est généralement estimé autour de 10000.

L’intensité d’un séisme est mesurée par sa magnitude, sur l’échelle de Richter et, au Japon, par la violence des secousses ressenties à la surface, sur une échelle de Shindo géographico-dépendante. La magnitude est l’énergie dégagée au foyer. L’échelle de Richter est logarithmique, un séisme de magnitude 8 est 1000 fois plus puissant qu’un séisme de magnitude 7. Pour comparaison avec celui d’hier (6.9), une bombe atomique crée un tremblement de magnitude 6.5 et le séisme de décembre 2004 au large de Sumatra a été mesuré à 9.1 (troisième au rang des plus puissants du 20ème siècle). L’échelle de Shindo est constituée de 7 paliers suivant la vitesse d’accélération du sol en surface. Au degré "6 supérieur" ou 7, il est impossible de rester debout et on ne peut se déplacer qu'en rampant. Tous les meubles non arrimés aux murs se renversent, les portes peuvent jaillir hors de leurs gonds et certaines vitres voler en éclats. Il semble bien que ce seuil max, correspondant à une accélération du sol de 4m/s2 maximum ait été atteint hier proche de l’épicentre (cf graphique ci-dessous).

Pic d'accélération (à gauche) et de vitesse (à droite) des déplacements du sol en surface en fonction de la distance à l'épicentre. Un pic d'accélération suppérieure à 400 cm/s² est synonyme d'un niveau 7 sur l'échelle Shindo.


La quantité d’informations scientifiques disponible sur internet m’a bien occupé la journée. Je vais pas trop en rajouter. Habituellement, après une secousse je me contente d’aller voir les dépêches du Japan Times ou du Monde où il est sytematiquement écrit en conclusion :

« Le Japon est à la jonction de quatre plaques tectoniques, subissant des milliers de secousses chaque année. Selon un rapport gouvernemental publié en décembre, il est probable qu'un violent séisme frappera la capitale (12,5 millions d'habitants) de la deuxième économie mondiale dans les trente prochaines années et fera jusqu'à 13 000 morts et des millions de sinistrés. L'Archipel enregistre environ 20 % des tremblements de terre les plus violents dans le monde »

Merci pour l’info

P.S. La peur de l’avion n’est elle pas dérisoire lorsque c’est pour se rendre a Tokyo ? :)


Figures et vidéo capturées sur http://www.hinet.bosai.go.jp/

par Olivier W. publié dans : Japon
Dimanche 11 mars 2007
Petite excursion en raquettes/crampons de 2 jours dans la région du Yatsu-ga-dake le WE dernier. On était 9 pour cette balade dans la neige. 3h d’ascension le premier jour, arrivée au refuge dans l’après-midi. Levé (trop) tôt le dimanche, petit déjeuner saumon/soja–riz (hummm) idéal pour attaquer les pentes plus raides qui montent vers le sommet Tengu, légèrement dans la brume. On finit à 5 pour le sommet avant de rejoindre le reste de la troupe dans une descente rapide, parfois dans la poudreuse. Après 5h de marche, grand classique pour terminer : Onsen, birou et soupe de nouilles.












par Olivier W. publié dans : Japon
Dimanche 4 mars 2007
Aujourd’hui c’est vraiment le printemps, le thermomètre doit avoisiner les 20°C ! Du coup, impossible de rester dans l’apart pour bosser comme initialement prévu. En deux coups de pédale, me voici de nouveau dans l'enceinte du temple Yushima où le festival des pruniers bat son plein, même s’il ne reste plus beaucoup de fleurs sur les prunus ! Mais toujours autant de monde à la recherche de la photo parfaite sous les trois branches encore en fleurs.






















Je suis restée un bon bout de temps à regarder le déroulement d’une cérémonie du thé (plutôt une mise en scène d’une cérémonie du thé). Ca commence de la même manière que ça se termine, par l’oijigi, le salut japonais par inclinaison du corps. Je devrais même plutôt dire que la cérémonie tout entière est rythmée par ces balancements. Il est d’abord proposé aux invités une confiserie, pendant que la « patronne des filles en kimono » prépare minutieusement le thé avec tout un panel d’instruments : spatule, fouet, pot à thé, serviette…Avant de boire le thé d’un vert marais poitevin (désolée je n’ai trouvé que ça !), les invités font tourner le bol dans leurs mains afin d’en admirer toutes les facettes. Voici une vidéo qui peut paraître un peu longue mais c’était pour vous mettre pleinement dans l’ambiance.

Puis un peu plus loin, il y avait la finale d’un concours de karaoké de musique traditionnelle japonaise, appelée Enka. Le rendez-vous des séniors. Bien que le vibrato poussé m’irrite prodigieusement, certaines chansons m’ont beaucoup plu ! Si vous voulez écouter du très bon Enka (à mon goût), écoutez la chanteuse Sayuri Ishikawa, sa voix est splendide (merci Miki et Naomi pour vos conseils !).

par Julie W. publié dans : Tokyo

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