1. Aux horaires. La conférence se tenait dans la petite ville de Mishima, toute proche du Fuji-san. Elle a débuté par un workshop le jeudi à 20h avec une présentation très intéressante de Monsieur Iwai Hiroshi de Toshiba qui ne voulait plus s’arrêter « on a toute la nuit devant nous… ». Il a finalement terminé à 22h30 ! Puis vendredi de 9h à 22h et le samedi jusqu’à 17h !
2. Pas une chemise sans cravate (sauf mon chef sur la photo!). Tout le monde en costard. 3. Peu de filles. Sur 200 personnes, il y avait 10 filles au maximum.
4. Les traditionnelles bouteilles d’eau sur les tables sont remplacées par des bouteilles de thé vert.
5. Une très forte proportion de dormeurs dans l’assistance. Les japonais ont cette capacité formidable de pouvoir dormir d’un sommeil profond n’importe où : dans le métro, en cours, dans leur bureau, en réunion… c’est plutôt bien vu : il a du travailler dur s’il est fatigué !


6. Une organisation irréprochable. Pour avoir de tels horaires, il faut que tout le monde puisse dormir sur place. Le centre de recherche Toray qui accueillait la conférence avait mis à disposition de véritables chambres d’hôtel (« l’histoire de Toray des années 70 à nos jours » faisant office de bible) avec vue imprenable sur le Mont-Fuji ! 7. Des règles strictes (lues dans la chambre et dans la salle de conf.) : – interdit de prendre photos, vidéos et enregistrements audio dans la salle de conf. – tenir la main courante en montant les escaliers – ne pas courir – ne pas marcher avec les mains dans les poches – laver vos mains avant chaque repas – réduiser au maximum votre consommation d’électricité – trier les déchets.
8. On ne comprend pas grand chose. Je mets ce point en dernier car il ne concerne que moi ; la langue officielle n’étant ici pas l’anglais mais le japonais. Petit extrait :

25 décembre : très différent d’un Noël en France. Ici le 25 décembre n’est pas un jour férié. Cette fête, importée des Etats-Unis, ne fait pas vraiment partie de la culture japonaise. En témoigne le vocabulaire utilisé. Joyeux Noël : merii kurisumasu, le Père-Noël : santakurosu, la bûche de Noël : kurisumasu keki (enfin la bûche ressemble à un gros tas de crème !)… En fait c’est une fête commerciale (un peu comme la Saint Valentin chez nous) et des Père-Noël aux cheveux bruns fleurissent dans les rues pour vendre tout plein d’offres spéciales «kurisumasu». Dès le 26 au matin, les quelques décorations de Père-Noël sont remplacées par celles plus attendues du Nouvel An. Les jeunes fêtent Noël entre amis ou en couple.
Sinon, sujet beaucoup moins gai, le 25 décembre a été marqué au Japon par l’exécution de quatre hommes. La peine de mort est toujours d’actualité (80% des japonais se disent favorables) et même plus que jamais : 2 à 7 condamnations à la peine capitale jusqu’en 2003, ce nombre est passé à 26 en 2006, une année record ! Le jour de l’exécution (par pendaison) est tenu secret et les familles ne sont prévenues que le lendemain. C'est ainsi qu'un jour de 1995, la mère d'un condamné, venue voir son fils en prison, apprit qu'il avait été exécuté le matin même...(plus d’infos là et là).Osoji : que l’on peut traduire en français par « grand ménage de printemps » mais là c’est en hiver. C’est une tradition, il faut nettoyer toute la maison avant le début de l’année, et cela est pris très au sérieux, que ce soit à la maison ou au boulot. Ce ménage (où l’on va jusqu’à déplacer les meubles) consiste à chasser toutes les mauvaises ondes pour commencer la nouvelle année d’un bon pied. En même temps, il faut dire que ça n’a pas fait de mal à notre bureau (ci-dessous une photo avant le ménage...on vit à 15 là-dedans!), les japonais étant de fervents collectionneurs de toutes sortes de babioles attrape poussière.



Bonenkai : il s’agit d’un repas (bien arrosé) que l’on fait avec ses collègues de travail, ses amis…la « saison Bonenkai » commence début décembre et pendant cette période, les restaurants sont complètement pleins.
Les serviettes éponges : le cadeau de fin d’année des entreprises au personnel des entreprises avec lesquelles elles collaborent. Pourquoi des serviettes ? Ca reste encore un mystère pour moi. En tout cas, pas une semaine sans voir débarquer deux hommes parfaitement habillés de la tête aux pieds avec les mains chargées de serviettes pour nous ! Etonnant ! Il y a eu une variante moins drôle mais plus utile : des calendriers 2007.
Oshogatsu : le Nouvel An. C’est la grosse fête où tous les japonais se réunissent en famille pour commencer la nouvelle année ensemble. Le 31 décembre et le premier janvier sont officiellement fériés et généralement les japonais prennent des vacances jusqu’au 5 janvier. Pendant cette première semaine de janvier, le Japon est vraiment en état de veille. Tokyo ressemblait un peu à Lyon en plein mois d’août. La plupart des entreprises (privées ou publiques) ferment et les étudiants sont en vacances…pratiquement seuls les konbinis, qui eux fonctionnent sur le rythme 24h, 7j, 365j, et la poste sont ouverts. En effet la poste japonaise offre un service spécial de collecte et d'envoi de centaines de millions de cartes de voeux (Nengajo). Tout est organisé pour que les cartes arrivent à leur destinataire le premier janvier. Il suffit de mettre une petite inscription sur la carte et les envois du mois de décembre sont stockés à la poste pour n’être délivrés que le permier jour de l’année! Le facteur est donc loin d’être en vacances surtout lorsque l'on sait qu’ici on se doit d'adresser ses voeux non seulement à ses proches mais aussi à tous ceux dont on est redevable d'un service rendu dans l'année (collègues, chefs, voisins...)!
Sinon le réveillon du 31 décembre est à l’opposé du notre dans le sens orgie du terme. En effet c’est la simplicité qui prime. N’imaginez pas huîtres, foie gras et dinde farcie mais plutôt un bol de soupe aux sobas, dont la longueur symbolise la longévité. D’ailleurs tous les plats cuisinés pendant cette période du Nouvel An ont un symbole : les racines de lotus permettent de voir notre avenir (à travers les trous), les crevettes assurent une longue vie, les œufs de hareng beaucoup d’enfants…je n’ai pas tout retenu…Puis certains vont directement au temple à minuit, les autres se couchent tôt afin d’y aller tous ensemble le lendemain après un copieux petit-déj (là non plus, pas de pain/beurre/confiture mais les mêmes aliments cités ci-dessus ;). Comme vous avez pu voir sur la vidéo, nous sommes allés le 31 au soir dans un des plus grand sanctuaire de Tokyo, le Meiji Jingu. Enfin nous n’avons pas vu le sanctuaire mais seulement une immense queue de jeunes gens principalement venus en couple ou entre amis. On avait été prévenu (ce temple compte plus de 3 millions de visiteurs les 3 premiers jours de l’année !) mais on voulait voir l’ambiance…à minuit, pas d’embrassade, le brouhaha monte un peu dans la foule mais le calme est assez étonnant. Nous avons vite abandonné (après peut-être une demi-heure en ayant avancé de dix mètres alors que nous étions toujours à plus de 300 mètres du sanctuaire). Les familles se rendent plus dans les petits temples ou sanctuaires de leur quartier. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans le temple Yushima pas loin de notre apart. Et là, nous avons pu voir le temple, lancer une pièce sur les gens devant nous, acheter une jolie flèche porte-bonheur qui doit normalement nous protéger des mauvais esprits toute l'année avec une pancarte en bois à l’effigie du sanglier sur laquelle on aurait du écrire nos vœux pour l’année 2007 mais la pancarte est toujours vierge (pas sûre que ce soit bien vu !). Pour les enfants c’est le jour des cadeaux, principalement de l’argent placé dans une enveloppe décorée pour l’occasion.
Tous mes collègues sans exception étaient revenus au boulot le jeudi matin. Ils ont donc pris 3 jours de vacances et appellaient ça les « grandes vacances ». Je faisais un peu tâche avec mes deux semaines de vacances soulignées au fluo sur le calendrier de la porte d’entrée du bureau !


On a passé 3 nuits au camping de la plage paradisiaque de Luengoni au sud-est de l’île. Le camping est la propriété d’un kanak chef de tribu ouvert au tourisme (à très petite échelle). Il organise des petites excursions à une grotte souterraine voisine et nous a emmené nager avec des tortues mais surtout il nous a raconté des histoires de malade le soir au repas. Son ennemi, c’est le blanc.. le requin blanc comme il aime bien dire. Oui donc il y a pas mal de requin dans la zone, blanc et gris, et monsieur fait de la pêche en apnée de nuit … il nous a donc raconté comment les requins attaquent, comment on les éloigne pour prendre les langoustes (il faut faire tourner sa lampe continuellement autour de soi car il attaque face à la lumière puis lui mettre un coup de poing quand il passe à côté de soi…ok), comment on se fait très peur à partir d’une certaine taille (2-3m) et comment généralement on a pas peur 3 fois puisque la deuxième fois on tombe dans les pommes avant de pouvoir faire quelque chose etc… enfin bon bien marrant, après ça a enchaîné sur les murènes et les serpents mortels…Toujours est-il que quand il nous a balancés un peu au large, au niveau du tombant dans du bleu profond (30m), les coraux et la luminosité était magnifique mais Julie est restée 5s dans l’eau et personnellement le bateau est resté dans un rayon de 30m. Après cette sortie, il nous a raconté les histoires qu’il n’avait pas osé nous raconter la veille … celles concernant les touristes. Puis celles des effets du Kava. C’est une boisson du Vanuatu voisin, à base de racines. Boisson, c’est beaucoup dire, c’est plutôt de la boue diluée qui a un effet anesthésiant. On s’est arrêté au premier verre qui anesthésie effectivement un peu la langue mais au bout de 3-4, le corps ne bouge plus beaucoup. Si c’est combiné à l’alcool, cela entraine une perte de la mémoire et de la vue, sympa. Il y a aussi eu les histoires sur la « tisane », boisson à base de datura qui a un effet hallucinogène…mortel (lire les trucs de dingues là-dedans). Dernier soir dans ce camping, on est resté à la bière finalement et on s’est fait une soirée barbec bien sympa avec les autres personnes du camping.


Le lendemain, accompagné de deux globe trotters on est parti vers les falaises de Jokin au Nord. Endroit idéal pour faire un peu de plongée au milieu des coraux. Lorsque la profondeur augmente au delà des 15m, lorsque la visibilité diminue en s’approchant trop près des patates de corail, on pense aux histoires de la veille et on commence à palmer fort … l’erreur à ne pas faire :)




On a fait les deux grands classiques, la plage de Kunamera, proche de notre camping et la piscine naturelle avec de beaux poissons multicolores de l’autre côté de l’île. On s’est déplacé partout en vélo, on était seul, il faut dire que, à part les plages, c’est désertique et sans ombre. On a fait aussi l’ascension du plus haut sommet (environ 250m !) avec une belle vue de l’île et des lagons alentours.

Nous venons honteusement d’user de notre statut de Français pour prendre 13 jours de vacances (avec 2 WE inclus tout de même …) en Nouvelle Calédonie. C’est une bonne occasion d’être au Japon pour le temps de vol et le prix. Passé l’effet de surprise chez les collègues Japs qui se demandaient qu’est qu’on pouvait bien faire avec autant de jours (eux revenaient de leurs grandes vacances de fin d’année, du 30 décembre au 3 janvier), cela n’a pas posé de problème : « Si c’est pour la famille… » hummm, en effet depuis le début, où j’ai signalé que la Nouvelle Calédonie était un territoire Français, mon sensei (boss) est persuadé que je rentre voir mes parents. J’ai tenté à maintes reprises de dire que c’était juste pour voyager, visiter mais il m’a semblé qu’on allait « forcément » voir quelqu’un dans son esprit. Bref, je ne sais pas encore si j’explique mon bronzage appuyé par une semaine au ski (le pb c’est que ça voudrait dire que j’ai skié sans lunettes ni gants) ou si je recommence une explication de notre misunderstanding…

Rapide compte rendu en 3 étapes : la Grande Terre, l’île des Pins, et l’île de Lifou.
L’impression générale, c’est que c’est un pays qui vit son truc, assez traditionnel, faiblement orienté vers le tourisme et c’est plutôt agréable. Grand contraste avec le développement touristique de la Réunion par exemple. Beaucoup d’endroits sauvegardés du coup. A l’écart de la région balnéaire de Nouméa et de quelques cases de luxe aperçues sur l’île des Pins, il n’y a plus que les tribus kanaks qui vivent au rythme du soleil, des petits villages avec une épicerie vieillotte, des terrains de campings quasi vides, des plages désertes, de la végétation luxuriante. Le rythme de vie est assez différent de celui de Tokyo... on s’est fait prendre une ou deux fois oubliant d’acheter à manger avant la sieste de midi ou avant 19h, on a vite compris qu’il serait pas facile de manger. Les gens des tribus enfin sont très accueillants et souriants avec l’étranger, notamment à Lifou. Parfois, on peut se sentir différent avec notre 106 blanche toute neuve et notre appareil photo numérique mais ça passe bien.


Pour se balader sur la Grande Terre, on a loué une voiture. On a longé d’abord la côte Ouest pour arriver jusqu'à Voh et son cœur rendu célèbre par la photo de couverture de « La terre vue du ciel ». Au ras du sol, on voit bien la mangrove, on sent bien les moustiques, mais on ne voit pas le cœur. On a tenté de traverser la Grande Terre d’Ouest en Est par des petites routes en terre au milieu des tribus mais on a toujours fini devant un ruisseau un peu trop gros pour notre 106. On a donc pris une route principale pour arriver à Hienghène et sa poule (voir la première photo). Région très belle. Un petit tour en kayak, visite de la côte, traversée d’un fleuve en bac, barbec au camping le long de la plage, un peu de plongée.




A noter la présence de nombreux « distributeurs » : petits étalages abrités du soleil où reposent quelques ananas ou bananes et où on laisse quelques pièces dans un bocal. C’est moins électronique qu’à Tokyo, mais dans certaines régions il y en a autant. Retour vers Nouméa par la côte Est qui devient moins belle vers le Sud où la montagne ressemble à une grande carrière. Tout au Sud de la Grande Terre, il existe le GR1 qui peut se faire en 2 ou 3 jours. En se baladant en voiture on n’était pas mécontent de ne pas s’être lancé avec nos sacs à dos : c’est de la garrigue sur terre rouge à perte de vue et sans un poil d’ombre. Et cette région est moins belle à mon goût que le Nord-Est de la Grande Terre.




Il n'y a rien plus bas...