Mardi 12 décembre 2006

Parmi toutes les questions (qui nintéressent personne) que je me pose, il y a celle-ci : pourquoi les œufs au Japon sont-ils (en majorité) à coquille blanche alors qu’ils sont bruns chez nous ? Au début, vu que je ne comprenais rien aux indications sur les étiquettes je pensais que ces œufs blancs n’étaient pas des œufs de poule. Je cherchais dans toutes les superettes les œufs bruns (je peux vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup !). Il m’a fallu un dessin de poule sur une boite pour essayer les œufs blancs et me rendre compte qu’il n’y avait aucune différence de goût entre ces œufs (passés à l’eau de javel) et ceux des poules de Bourgoin-Jallieu !

Et coïncidence, hier soir, dans un colis en provenance de France (merci !), entre un saucisson d’Auvergne et un pot de nutella, se trouvait « La grande encyclopédie du dérisoire – les vraies réponses aux grandes énigmes de l’Histoire et aux petits mystères du quotidien ». Et dans le chapitre « questions stupides » (merci !) on peut y lire :

Question : Pourquoi les oeufs sont-ils bruns en France, alors qu’ailleurs ils sont blancs ?

Réponse : A la Fédération nationale des produits laitiers, une dame me dit : « C’est à cause de la couleur des poules. Les poules blanches pondent des œufs blancs, les poules marron des œufs marron. – Vous en êtes bien sûre ? » Insisté-je en pensant aux poules noires. Non, elle n’est pas vraiment sûre, et m’aiguille sur un spécialiste des œufs. C’est vrai, m’explique t-il, les œufs des USA sont blancs, ainsi que ceux de l’Europe du Nord. S’ils sont bruns en France, c’est parce que les Français préfèrent les œufs bruns. Les œufs bruns se vendent mieux, mais les français sont cons parce que les œufs blancs sont bien meilleurs, et ce à cause d’un phénomène de lumière absorbée ou réfléchie que je n’ai pas très bien compris.

Parmi les lecteurs, les spécialistes des œufs pourraient-ils nous éclairer un peu plus car 1. ma question est répertoriée dans la catégorie des questions stupides 2. le Japon est omis 3. je ne vois aucune différence de goût (en même temps c’est pas évident de comparer deux œufs) 4. je ne vois pas bien quel rôle primordial peut jouer la lumière dans le goût de l'œuf (certains œufs "industriels" ne voyant jamais la lumière du jour) et 5. je me demande comment  l'on peut contrôler la couleur de l'œuf ?

Dimanche 10 décembre 2006

En novembre, dans un certain nombre de temples Shinto (généralement ceux dédiés au coq ‘otori-jinja’), de nombreux japonais viennent fêter le jour du coq (tori no ichi). Dans le vieux calendrier traditionnel Japonais (copié de celui des Chinois), les années, les jours et les heures sont représentées par 12 animaux suivant un cycle répétitif. Le coq est un de ces 12 animaux avec le rat, le boeuf, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre (ou bélier ou mouton), le singe, le chien et le cochon sauvage (ça c’est pour les fans d’astrologie !). Cette année, il y avait 3 jours du coq, le 4, le 16 et le 28 novembre (et d’après la légende, lorsqu’il y a trois jours du coq dans l’année, la ville sera détruite par le feu !).










Cette fête traditionnelle attire les foules depuis l’ère Edo (vers 1700). Les gens viennent prier et acheter des râteaux (‘kumade’ en japonais, ce qui veut dire littéralement patte d’ours’) dans les innombrables stands tout autour du temple, dans le but d’amasser fortune et bonheur. Dans les dents du râteau on trouve quasiment tous les porte-bonheur qui existent au Japon : ‘Maneki-neko’ (le chat qui lève la patte), visage de femme, ‘daruma’ … (je ferai un petit article détaillant ces porte-bonheur que l’on retrouve de partout au Japon). 












Je ne sais pas si ces râteaux ratissent bonheur et prospérité à ceux qui les achètent mais en tout cas c'est vrai pour ceux qui les vendent : le prix dépend de l’ornement et de la taille du râteau pouvant atteindre 50 000 yens (plus de 300 euros) pour les plus gros. Et quand on sait que la tradition veut que l'on achète un râteau plus gros l'année suivante, les vendeurs n'ont pas de soucis à se faire pour leur avenir! Le tout petit qu’Olivier G. a acheté coûtait 5 000 yens. Mais en tout cas il règne une bonne ambiance dans le temple, où les vendeurs chantent une petite chansonnette à chaque râteau acheté (sûrement pour encourager le râteau à amasser encore plus de sous et de bonheur). On n’a pas très bien compris pourquoi Olivier n’avait pas eu sa chanson. Plusieurs hypothèses : on n’a pas les yeux bridés, le râteau était trop petit (autrement dit le vendeur n’avait pas eu assez de sous pour souhaiter à notre râteau d’en ratisser), le vendeur n’a pas eu envie de nous mettre mal à l’aise parce qu’on n’allait pas comprendre la chanson, on a choisi le seul vendeur qui ne savait pas chanter…

Un kumade rempli de maneki neko

La version plus kitch

La version plus américaine!!!



par Julie W. publié dans : Japon
Dimanche 3 décembre 2006
Ce week-end, nous sommes allés voir les demi-finales de la coupe du monde de volley-ball qui avaient lieu dans le gymnase olympique de Yoyogi, non loin des chanteurs et rockers.
Pour les deux demi-finales (Brésil-Serbie-Montenegro et Pologne-Bulgarie) l'immense gymnase était étonnamment vide. Mais pour Japon-France, 3
ème match de la journée, et seul match sans réel enjeu (pour les 5ème-8ème places), les japonais ont débarqué en masse tous munis de longs boudins rouge et blanc pour acclamer leurs joueurs. Nous faisions parti des rares dissidents.
Le match a commencé par un véritable spectacle son et lumière à l'américaine. On avait tout simplement l'impression d'assister à la finale ! Puis les japonais se sont mis à crier tous en coeur « Go Go Nippon ». Pendant les temps morts, c'est la chorégraphie des boudins. On a même eu le droit à un autre spectacle pom-pom girl sur la musique en français dans le texte « Voulez-vous coucher avec moi ce soir ? ». A chaque point remporté par la France, un silence de mort de quelques secondes est vite interrompu par les inépuisables « Go Go Nippon » ! Les français ne se sont pas laissés intimider, ils se sont fait plaisir et ont dominé et remporté le match trois sets à un (25-23, 25-27, 25-18, 25-12).
Comme nous l'avions déjà constaté pour la coupe du monde de foot cet été, les japonais sont très fair-play. Lors des deux matchs précédents, les joueurs se sont fait siffler par des supporters brésiliens, polonais ou autres... Pour le match France-Japon, les milliers de japonais restent silencieux lorsque la France a le service. Tous sauf un. Et coïncidence ou provocation, ce japonais était juste devant nous. On l'entend dans la vidéo ! Insupportable...même pour les japonaises qui étaient à côté de nous.


Mardi 28 novembre 2006

Au Japon il existe un mot pour désigner la mort par surmenage au travail, karoshi, maladie professionnelle reconnue depuis 1970 ! Ce mot (littéralement « mort par surtravail ») désigne la mort subite de cadres ou d'employés de bureau par arrêt cardiaque suite à une charge de travail ou à un stress trop important. Entre avril 2005 et mars 2006, 157 décès dus au karoshi ont été recensés principalement par suicide ou crise cardiaque. 173 autres personnes sont tombées gravement malades. Le total de 330 (+12,2% par rapport aux 12 mois précédents) est un record (Nouvelle Vie Ouvrière, 9 juin 2006). Et en effet au Japon on est loin des 35 heures, le code du travail fixe la durée hebdomadaire maximum du travail à 40 heures. Mais en réalité, un salarié sur quatre âgé de 30 à 40 ans, la tranche d'âge qui travaille le plus, fait plus de 60 heures par semaine. Et ce pas forcément payées : l’an dernier 170.000 salariés ont effectué l'équivalent en temps de travail de 23 milliards de yen (152 millions d'euros) sans toucher un seul yen (source).

Un autre petit mot qui ne trouve pas de traduction en français gakurekibyo. Il désigne la « maladie du diplôme » des jeunes Japonais qui travaillent de façon extrême dans le but d'obtenir leur diplôme (source).

Tout ça pour dire qu'en ce moment je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire des articles ;)

Photo : Rémy F.

Dimanche 19 novembre 2006
Asashôryû, le grand Yokozuna va-t-il finir l’année dominateur en remportant son 19ème yûshô ? C’est la question que tout fan de sumo se pose à l’approche de la deuxième semaine du dernier grand tournoi de l’année à Fukuoka.
Le sumo est un sport de combat pratiqué quasi-exclusivement au Japon.
C’est un sport réservé aux hommes, les femmes n’ayant même pas le droit de fouler le dohyo, le terrain du combat. En Juin dernier, on a eu l’occasion d’aller voir l’entraineur des sumo à Tokyo qui nous a expliqué le principe de cette lutte et même là, seuls les hommes pouvaient poser les pieds sur la terre gravillonneuse du terrain d’entrainement (malheureusement, les vidéos n’étaient pas interdites …). Le combat consiste à faire toucher le sol de son adversaire rikishi (nom donné aux lutteurs de sumo professionels) avec n’importe quelle partie du corps (excepté les pieds évidemment, ce sont des demi-dieux mais ils ne volent pas quand même…) ou réussir à le faire sortir des limites du terrain. Les rites accompagnant le combat en lui-même sont très nombreux. Pour que le combat commence, il faut que les deux rikishi aient posés leurs deux mains au sol. Aujourd’hui, les rites sont limités à 4 minutes (pour un combat qui dépasse rarement les 20 secondes) mais avant, c’était illimité et la phase psychologique du combat pouvait durer plusieurs dizaines de minutes. A la fin d’une journée, ces séances rituelles sont quand même assez rudes pour un spectateur non averti.

Il y a 6 grands tournois dans l’année, 3 à Tokyo, un à Osaka, Nagoya et Fukuoka. Il y a ensuite des tournois secondaires qui ne comptent pas pour le classement des rikishis et qui peuvent se dérouler à l’étranger (à Bercy il y a quelques années). Il n’y a pas de catégorie de poids il peut arriver que l'un des combattant ait plus du double du poids de l'autre (les poids de sumo pouvant aller de 70 à 280 kg!). Cependant, les rikishis des meilleures divisions pèsent en moyenne environ 150 kg, poids semblant le plus à même d'assurer à la fois stabilité et souplesse.
Chaque tournoi dure 15 jours et chaque jour les lutteurs affrontent un lutteur de leur division, le vainqueur du tournoi étant celui qui obtient le maximum de victoires sur ses 15 combats. Selon ses résultats il peut augmenter ou descendre de rang. Les rangs de la première division (Makuuchi) sont les suivants, du plus élevé au moins élevé : Yokozuna (actuellement un seul : Asashoryu), Ozeki (actuellement cinq : Hakuho, Chiyotaikai, Kaio, Kotooshu et Tochiazuma), Sekiwake (généralement deux), Komosubi (généralement deux), Maegashira (plus d'une trentaine). On arrive ensuite en deuxième division, appelée Juryô. Les lutteurs en Makuuchi et en Juryo sont les Sekitori. Les divisions inférieures, par ordre décroissant, sont : Makushita, Sandanme, Jonidan et Jonokuchi. Ces dernières divisions regroupent plus d'une centaine de lutteurs chacune, et il est assez difficile d'en sortir à moins d'être très doué pour le sumo.
L’avantage pour nous était que ces basses catégories combattent le matin et n’attirent pas les foules, on peut donc aller tout proche du dohyo pour comparer notre carrure.
La vie des rikishis est très hiérarchisée, les jeunes étant au service des rikishis de haut rang pour la cuisine, les taches ménagères etc... Pour grossir, ils ne font pas de petit déjeuner, histoire d’avoir très faim au moment du déjeuner. Ils boivent de la bière au repas et enchainent avec une sieste. L’espérance de vie des sumos est située entre 60 et 65 ans (contre 75-80 ans pour un Japonais en moyenne).
Lorsque qu'un lutteur excelle au tout premier rang, la fédération peut le désigner Yokozuna (champion suprême). Il est généralement nécessaire pour cela de remporter deux tournois à la suite et d'être jugé moralement digne d'un tel rang. Le Yokozuna conserve son titre à vie et ne pourra régresser dans les classements. Néanmoins, si ses résultats deviennent indignes d'un Yokozuna, l'usage lui imposera de se retirer du monde du sumo.
Il y a eu 68 Yokozuna depuis 1789. Taiho, est reconnu comme l’un des plus grands de l’ère moderne avec 32 victoires en Tournoi. Akebono, en 1993 devint le premier Yokozuna d’origine étrangère (Hawaii). Aujourd’hui le Yokozuna Asashôryû est d’origine Mongole, il en est à son 18ème succès en grand tournoi. Il a réussi une saison exceptionnelle l’an dernier avec 84 succès sur 90 combats, le Federer du sumo. Cette année, il apparaît toujours dominateur même si l’Ozeki Hakuho, mongol également, était tout proche de remporter 2 tournois d’affilée.

par Olivier W. publié dans : Japon

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