Lundi 9 octobre 2006

Après les quelques mois d'été et de brume, il est possible d'avoir un ciel assez clair sur Tokyo. Voici quelques photos depuis la Roppongi Hills.

Tokyo_FujiVue Ouest avec le Fuji

Tokyo_vue_Est

Vue Est

Tokyo_Nord_OuestTokyo_Tower
















Vue Nord-Ouest




Tokyo Tower


Tokyo_Nord_EstVue Nord-Est
ShinjukuShibuya










Quartiers de Shinjuku et Shibuya

Shibuya_crossroadRetour au raz des paquerettes...

par Olivier W. publié dans : Tokyo
Jeudi 5 octobre 2006

En japonais l’adjectif kirei peut vouloir dire à la fois "beau, élégant" et "propre, rangé". La propreté est synonyme de beauté, ce qui montre à quel point elle est importante chez les Japonais. Il est important de toujours séparer les lieux dits « propres » des lieux « non propres ». Par exemple, l'intérieur de la maison est considéré comme un endroit propre alors que l’extérieur est un endroit sale. Ces deux zones ne doivent pas entrer en contact, c’est la raison pour laquelle les chaussures sont toujours retirées avant d’entrer dans la maison. Dans chaque maison ou appartement on retrouve donc à l’entrée un petit vestibule où l’on pose ses chaussures avant de littéralement « monter » dans la maison puisque l’on enjambe une marche qui définit une limitation précise entre l’espace sale plus bas que l’espace propre. Et c’est un véritable crime que d’entrer avec ses chaussures. Vous vous imaginez en France en train de demander à l’électricien de laisser ses chaussures sur le palier et d’enfiler des pantoufles pour venir réparer le frigo ?

interieur_temple-kyotoJ’ai aussi appris qu’il y avait un lien étroit avec la religion. Dans les maisons occidentales, les dieux lares veillaient sur les familles et les crucifix sur les morts, dans les maisons japonaises, les autels domestiques (shintô ou bouddhiques) jouent ce rôle (j’emploie ici le présent car il me semble que c’est encore très présent au Japon alors qu’en France (je ne me prononce pas sur les autres pays occidentaux car en Espagne je logeais dans une maison où les crucifix ornaient chaque pièce!) il me semble que rares sont les maisons possédants encore des lares). Ainsi la maison est un espace sacré qui doit être protégé en se détachant du sol. La culture occidentale obtient ce détachement grâce au mobilier (il est impensable en France de manger notre repas les fesses par terre) et les japonais par le décollement du sol entier de la maison. Si l’on revient aux chaussures, un côté sacré s’ajoute puisque seul le mort en porte lorsqu’on l’habille pour son dernier voyage. Avoir ses chaussures dans la maison correspond donc à la souillure suprême dans la culture Shintô (de même, les chaussures de celui qui revient d’un enterrement sont aspergées de sel)1.

Dans l’espace propre de la maison japonaise, il y a une exception : les toilettes. Les toilettes font parties de la zone sale. Il est donc courant d’enfiler des chaussons spécifiques aux toilettes afin de ne pas se salir les pieds et venir souiller l’intérieur propre. Autrefois le problème ne se posait pas puisque les toilettes étaient situées à l’extérieur des maisons.

Au labo, les chaussures s'amoncèlent devant la porte de la salle de réunion.

Du coup, il faut avoir des chaussures adaptées, faciles à retirer. Le premier jour, je suis arrivée au labo avec des bottes. Je n’ai plus jamais remis mes bottes depuis. Le couloir est considéré comme zone « contaminée », les salles de caractérisation, de réunion etc…, comme zones propres. Il faut donc retirer ses chaussures avant d’entrer dans chaque salle. La visite du labo fut deux fois plus longue que prévu vu qu’ils m’attendaient pendant 5 minutes devant chaque porte !

mini_jupe_et_chaussettes_hautesAu boulot, il arrive que l'on travaille dans des salles blanches, c'est à dire sans poussière. Avant d'entrer dans ces salles, on enfile combinaison intégrale, gants et masques. Au Japon, on ote bien sûr ses chaussures, on enfile des chaussons puis des sur-chaussons. Mon chef m'a raconté sa stupéfaction lors d'une visite d'une salle blanche aux Etats-Unis lorsqu'il s'est aperçu qu'il fallait mettre des surchausses directement sur les chaussures! Pour lui c'est un comble : entrer dans une salle blanche les chaussures au pied!
J’en viens à me demander si la mode actuelle des chaussettes hautes portées par les filles avec de petites chaussures (faciles à enlever) ne consiste pas à imiter les bottes. Et aussi si les baskets-tongues-babouches ne sont pas originaires du Japon. Il y en a bien d’autres qui se demandent si les japonais n’ont pas inventé les tongues
(enfin l’auteur de l’article doute aussi de l’origine des charentaises alors que non, les charentaises proviennent de Charente, ne mélangeons pas tout ;)

1 Laurence Caillet, La maison Yamazaki, Paris, Plon/Terre humaine,1991.

Samedi 30 septembre 2006

Le Mont Fuji est l'un des sommets les plus mythiques sur Terre au même titre que l'Everest, le Mont Blanc, l'Annapurna, le Kilimandjaro, le K2, la Dent de Crolles... L'autre particularité est qu'en terme de difficulté d'ascension, c'est le niveau juste au dessus de la Dent de Crolles (face Sud.. il convient de préciser avant que certains connaisseurs qui n'en ratent pas une nous fassent une petite note sur la technicité de la face Est). La renommée du Fuji n'est pas due à son altitude, son rapport à l'histoire de l'alpinisme ou à sa difficulté d'ascension (quoique.. en hiver, il semble que ce soit un gros défi notamment en raison de sa pente (de 0 à 40 degrés) et du sol qui sont propices aux grosses avalanches). Sa renommée est essentiellement liée à son esthétique, à sa forme conique parfaite, symbole naturel du Japon que l'on va retrouver souvent dans l'art japonais. En plus de sa forme parfaite, son isolement ajoute fortement au côté majestueux de ce sommet : la base de la montagne, sur tous les côtés est une plaine à 800m d'altitude.




























Pour une première ascension (ce n'était pas une première historique (voir plus loin), une première pour nous seulement), nous avons donné dans le classique. Un bus nous a amenés de Tokyo à la 5ème station à 2300m (la montagne depuis la base jusqu'au sommet comprend 10 étapes fictives, ou « stations ») en 2h30min et il reste ensuite 1500m de dénivelé positif à parcourir. L'ascension se fait souvent de nuit de manière à voir le lever du soleil depuis le sommet, moment de la journée où la vue est le plus souvent dégagée. En Septembre (la saison d'ascension est officiellement en Juillet-Août seulement), il n'y a pas beaucoup de bus et on s'est finalement retrouvé à la 5ème station à 14h. Pas le temps de monter au sommet (3h30 - 4h en marchant bien) avant le coucher du soleil et beaucoup de temps à attendre à la 5ème station si on choisit de décoller vers 11h-minuit pour le lever du soleil au sommet. A l'office du tourisme, on nous dit que l'on peut se poser en mangeant un ramen à un refuge à 3250m encore ouvert à cette période. Ceci nous a permis de monter de jour une bonne partie avec de belles vues de l'ombre du Fuji au soleil couchant sur la mer de nuage.

On a mis environ 2h45 sans trop se presser. Bon finalement, le refuge c'était 6 000 yens (40 euros) pour rentrer et extinction des feux à 9h obligatoire, mais il n'y avait pas vraiment le choix, il faisait environ 0 degrés dehors. Départ vers 3h du matin avec sa frontale, il reste ensuite 1h-1h30min d'ascension jusqu'au sommet. Quelques japonais utilisent des petites bombonnes portables d'oxygène, ambiance, shhh, shhh, shhh !!!!! C'est bien sympa, il fait froid, il y a de la neige-givre sur le sol et la raideur de la pente est de plus en plus importante au fur et a mesure que l'on monte depuis la 5ème station jusqu'au sommet. Lever de soleil.. C'est trèèèèèss beauauauuuu, bon allez on se casse !! :).


 







 

























On était entre 50 et 100 personnes au sommet. Le nombre de personnes atteignant le sommet est estimé à 200 000 par an dont 30% d'étrangers, ces 200 000 se rejoignant tous quasiment en Juillet-Août, il y a, à cette période plus de 1000 personnes à 5h du matin au sommet (voir ici). Néanmoins, atteindre le sommet reste un grand événement pour un japonais puisqu'à peine 1% de la population y a accédé. On a fait ensuite le tour du cratère, de manière à aller voir son ombre dans la plaine, 3000m plus bas.

La descente est rapide est assez agréable puisqu'elle se fait en bonne partie dans de la lave « sablonneuse ». Nous avons choisi un itinéraire de descente (Subashiri route) différent de celui de la montée (Kawaguchiko route) empruntant un « sanding sail », une pente de sable volcanique (il y en a une aussi sur la Gotemba route). Cette portion permet de courir et de descendre 800m de dénivelé en 10 minutes. Arrivée à la 5ème station de cette route à 2000m en moins de 2 heures.










Une phrase japonaise dit : « Celui qui ne grimpe pas au sommet du Fuji est un fou et celui qui y grimpe deux fois est deux fois fou ». Julie semble vouloir respecter cette phrase :) Moi je le referais bien d'une autre manière.. deux options me semblent pas mal : la première est de monter de jour jusqu'au sommet, regarder le coucher de soleil (qui vaut plus le coup que le lever au niveau des couleurs je pense, mais il doit moins souvent faire beau), redescendre au refuge à 3250m et remonter le matin pour le lever du soleil. La deuxième est un peu plus ambitieuse et un peu plus belle aussi, monter depuis le bas (7-10h).. il n'y a pas beaucoup d'endroits dans le monde ou, sans trop de moyens, en une journée, on peut faire 3000m de dénivelé positif sans interruption pour atteindre un sommet.

A noter que c'est en été que le Fuji est le moins beau et que c'est depuis le Fuji que l'on voit moins bien le Fuji.. vous aurez donc probablement droit à d'autres photos de ce sommet partiellement enneigé, en Automne, en Hiver, au Printemps prochainement.




par Olivier W. publié dans : Japon
Lundi 18 septembre 2006
Un cheval à corps d'homme (ou peut-être un homme à tête de cheval) s'agite dans la gare de Shinjuku. Les gens semblent ne rien remarquer d'anormal...


par Julie W. publié dans : Tokyo
Samedi 16 septembre 2006

Le kanji 空 (kara) veut dire vide et oke est l'abbréviation d'orchestre (en anglais ou en français). Ce qui signifie que l'on peut chanter sans orchestre. Ici, le karaoké n'a rien à voir avec celui qui existe en France ou encore aux Etats-Unis. On loue une toute petite pièce à l'heure (avec possible option d'alcool à volonté) et l'on se retrouve à chanter (ou crier, ça dépend pour qui et ça dépend aussi si l'on a pris l'option précédente ou pas;) devant un poste de télé qui fait défiler les paroles avec de vieux clips de femmes marchant tranquillement sur la plage que l'on mette Barry White ou ACDC! A disposition : plusieurs micros et un énorme annuaire avec une liste incroyable de chansons, en grande partie japonaises mais aussi anglaises et quelques chansons françaises (parmi les préférés des Japonais : "Aux champs Elysées"!). Il y a même du Dream Theater pour ceux qui connaissent! En début de soirée, on voit des salaryman en costard faire la queue pour pourvoir chanter ensemble. Il y a aussi des tarifs préférentiels pour venir s'entraîner dans la journée afin d'épater ses collègues le soir. Car les japonais font ça très sérieusement…ce qui n’était pas notre cas hier soir ;)

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