

Début août, accompagnés de popa-moman en visite au Japon, nous sommes allés faire un petit tour à Kyushu, l'île la plus au sud du Japon. En guise de challenge, nous avons choisi le plein été pour visiter cette zone du Japon réputée chaude... Arrivée a Fukuoka-Hakata après 6h de Shinkansen depuis Tokyo. Première destination : Karatsu, ville un peu paumée, visite de quelques poteries aux prix démentiellement élevés (du genre 100,000 yens la tasse !). Nagasaki ensuite : début août, il fait très, très chaud à Nagasaki. Bon musée sur la bombe atomique de 1945. Direction le volcan Aso-san ensuite, précédé d'un bref passage au château de Kumamoto. Rando aux alentours du volcan Aso et vue du lac d'acide. Dernière étape : Beppu où l'on peut dire que la chaleur était insoutenable. Cette ville fume de ses nombreuses sources d'eaux chaudes naturelles (onsen 温泉) et de ses fameux « enfers ». Du coup, rando sur les montagnes alentours le jour suivant (Yufu-dake, 1584m) avant le retour pour Tokyo. Bilan : ça vaut le détour et la casquette est obligatoire!
Joli port de pêche de Yobuko, petite ville au nord de Karatsu.
Vue de Nagasaki depuis le jardin Glover
Le cratère du Mont Aso et son lac turquoise d'acide sulfurique
Le château de Kumamoto
Un petit coup de chaud les Weber?
Beppu, la ville fumante
Un "enfer" à Beppu

Il s’agit d’un rouleau sur lequel est écrit et illustré un récit. Cet art est apparu au Japon pendant l’ère Heian (794-1185). L’histoire se lit en déroulant le rouleau d’une main et le rembobinant de l’autre, dans le sens contraire de notre lecture occidentale (de droite à gauche). Il se range dans une jolie boite en bois.
Avant leur retour en France, Yvon et les parents d’olive nous en ont offert un (je les remercie au passage, je sais que ce sont des lecteurs assidus!). Les puristes ne vont pas apprécier ; nous l’avons mis verticalement dans notre apart ! J'aime beaucoup!
Au passage, noter l'incroyable remise en forme de mon ficus benjamina qui était sur le point de mourir il y a à peine 3 semaines!
Je remarque quelques particularités de la vie courante japonaise que nous n’avons pas en France et qui sont pourtant des « évidences » selon moi. Je ne parle pas ici des caractéristiques liées à la puissance économique du Japon ou à la personnalité des japonais (ex : Shinkansen Tokyo-Osaka toutes les 5 minutes sans jamais un retard …soit 300 par jours, ou bien encore les superettes ouvertes 24h sur 24 à chaque coin de rue) mais de petits avantages qui pourraient très bien exister en France.
Les caisses des supermarchés. C’est ce qui me concerne le plus puisqu’elles permettent aux personnes pas très rapides de rester cool. En France, il faut prendre une suée pour remplir ses sacs, histoire de désengorger le tapis roulant et de ne pas être contraint de finir sous le regard de la caissière, qui comble de la honte, décide de venir vous aider. Ici, il y a deux caddies, un avec mes produits et un vide, la caissière scanne mes produits puis les pose dans le deuxième caddie vide, je paye puis je vais faire mes sacs tranquillos un peu plus loin dans une zone prévue à cet effet.
La caisse de la caissière. La caissière n’a jamais besoin de faire les comptes donc il ne peut pas y avoir d’erreurs lorsqu’elle rend la monnaie. Sa caisse est spécialement conçue pour que lorsqu’elle insère les billets et les pièces, la machine lui renvoie automatiquement la monnaie correspondante. Rapide et infaillible !!! Pendant ce temps, la caissière a tout le loisir de vous répéter Aligaaatoooo gosaaiiiimachhtaa (merci) jusqu'à ce que vous soyez parti.
Les factures. Outre le prélèvement automatique, toutes les factures (gaz, électricité, téléphone, eau, loyer …), après être reçues chez soi peuvent se payer dans les konbinis (コンビニ, abréviation de l'anglais convenience store, superettes) ouverts 24h sur 24 à chaque coin de rue. Pas d’envoi par la poste avec recherche d’une enveloppe et d’un timbre pendant 3 jours.
Le confort du Shinkansen. Le TGV japonais est nettement plus confortable que le notre. Ce qui change tout : l’espace que l’on a pour les jambes, environ le double de celui du TGV seconde classe, c’est même plus spacieux qu’en première je pense. Ceci est notamment liè au fait que tous les sièges peuvent pivoter de 180 degrés (il faut donc de la place…) de manière à être dans la direction du transport à l’aller comme au retour.
Les tickets de métro. Il n’y a aucun ticket de métro qui traine par terre à Tokyo puisque le système des tickets empêche cette possibilité. On passe son ticket en entrant dans un « tourniquet » et le ticket est avalé par le tourniquet à la sortie.
Les recommandés livrés. Lorsque l’on reçoit un recommandé et que nous sommes absents, il suffit, avec le ticket qui a été laissé comme avis de passage, de téléphoner à la poste et de demander quand est-ce que l’on souhaite que le colis nous soit livré. Pas de queue d’une heure à la Poste pour recevoir son misérable carnet de chèque mais bon, il faut savoir parler japonais au téléphone…
Les cyclistes en ville sont considérés comme des piétons. Ils roulent sur les trottoirs le plus souvent et prennent les passages piétons. Pas d’histoire de pistes cyclables trop peu nombreuses, moins de danger pour les cyclistes, pas de code de la route cycliste, moins de souci pour les automobilistes. Il n’y a pas spécialement de problèmes cyclistes-piétons alors que le nombre de cyclistes est beaucoup plus nombreux qu’en France.
Les cartes d’orientations. Les cartes géographiques de quartiers dans Tokyo ne sont pas dessinées avec le haut de la carte correspondant au Nord mais avec le haut de la carte correspondant à ce que l’on a devant les yeux actuellement en regardant cette carte particulière. Personnellement, je préfère les cartes classiques avec le Nord en haut mais je pense aux femmes qui bien souvent ne savent pas où est le Nord et je comprends l’intérêt de ces cartes … ;)
Notons aussi une particularité, plutôt pas pratique cette fois, de l’orientation à Tokyo. Les adresses ne comportent pas de nom de rues, et pas de numéro de bâtiment. Elles n’affichent que le nom du quartier puis le numéro d’un bloc à l’intérieur d’un numéro de bloc, lui-même a l’intérieur d’un numéro de bloc, ces numéros de blocs n’existant pas visuellement dans les rues mais uniquement sur des plans que les facteurs connaissent par cœur. Pour se rendre à un endroit précis il faut donc avoir analysé préalablement un vague plan situant le lieu par rapport à la station de métro, la station service et le konbini le plus proche.

J'ai trouvé un autre moyen d'apprendre le japonais : la lecture de manga ! (ça changera des dialogues un peu terre à terre de notre méthode Minna No Nihongo).
En français le mot manga désigne les bandes dessinées japonaises mais ici le terme est plus général. Manga (漫画 ou まんが) signifie littéralement « image dérisoire » ; l'image doit aller droit au but afin d'être comprise par tous. Ce mot désigne à la fois la bande dessinée, les dessins animés et les caricatures de presse.
Au Japon, on trouve des manga (BD) (sous forme de magazine petit format) de partout : abandonnés dans le métro, sur une étagère dans les hôtels, sous les tables des restaurants pour faire patienter le client, dans les superettes ouvertes 24h sur 24... C'est un phénomène de masse (50% des japonais lisent au moins un manga par semaine). Leur prix est bien moins cher qu'en France : 400 yens soit environ 2,7 euros. J'ai appris au passage que la France était, avec 10 millions d'exemplaires annuels, le plus gros "consommateur" de manga au monde après le Japon !
Je n'ai jamais été une grande fan de BD japonaise. Mais juste avant de partir j'ai dévoré « Le sommet des dieux », manga en 5 tomes écrit par Jiro Taniguchi sur le monde de l'alpinisme. Maintenant que je suis au Japon j'ai bien envie de connaître d'autres textes et d'en profiter pour apprendre le japonais. Je viens de découvrir un site qui, entre autres 1, met en ligne des manglish. Késako ? Ce mot un peu barbare est la contraction des mots manga et English. Les manga originaux sont en ligne, en japonais. Mais il suffit de positionner la souris sur les bulles que l'on ne comprend pas et la traduction en anglais apparaît comme par magie. Les japonais qui veulent apprendre l'anglais peuvent aussi utiliser ces manglish. Deux petits bémols : le texte original est quelquefois écrit trop petit et les kanji ne comportent pas toujours de furigana.
1 : Le site propose aussi les infos japonaises en anglais, la météo, des sudoku à remplir, des traductions (en anglais) de haiku...
Aujourd’hui au boulot on m’a demandé mon groupe sanguin. « Heuuu B négatif ». Au vu de la tête de mes collègues ce n’était pas une bonne réponse ! Pas pour le « négatif » mais pour le B. J’ai donc appris qu’au Japon les 4 groupes sanguins (A, B, O et AB) remplacent nos signes du zodiaque ! Cela s’appelle le 血液型 (けつえきがた Ketsu-eki-gata).
Je schématise un peu mais les plus appréciés sont du groupe A, car ils expriment peu leur émotions, sont perfectionnistes et font preuve de délicatesse envers les autres, ou encore du groupe O, dotés de qualités de leaders. En revanche, les porteurs du groupe B sont réputés pour placer leur goût de la liberté au dessus des valeurs collectives, ce qui n’est pas bien vu dans la société japonaise. Quant aux « AB » ils ont une double personnalité, ils oscillent entre le caractère des « A » et celui des « B »… Un peu facile...
Je me suis renseignée, il n’y a pas que des points négatifs quand même : les « B » sont des personnes passionnées et inventives. Bon, toujours est-il que c’est le signe qu’il ne faut pas être au Japon. En effet, ça touche aussi les cabinets de recrutement du personnel. J’ai lu qu’un cabinet spécialisé dans le recrutement des équipages pour le compte de grandes compagnies d'aviation asiatiques, considère qu'un équipage idéal doit comprendre 68% de personnes de groupe "A"! Cette technique de recrutement fait aussi son apparition aux Etats-Unis. Hallucinant : une discrimination par le sang !
Park-san, le coréen de mon labo (groupe sanguin A), m’apprend que cette croyance est très présente en Corée. Il y a eu un film réalisé en Corée du Sud l’année dernière « My boyfriend is type B » racontant une histoire d'amour a priori impossible entre un coréen du groupe B et une coréenne du groupe A.
D’après Chen-san, un des deux chinois de mon labo (groupe sanguin inconnu – c’est certainement parce qu’il est B ;) cette croyance n’existe pas en Chine.
Petite anecdote : lorsque j’entre un nouveau contact dans mon répertoire de téléphone portable, en dessous du nom, prénom et adresse, il y a une case dédiée au groupe sanguin ! Je comprends mieux pourquoi !
Le plus drôle c'est que dans mon labo, les trois personnes le plus haut placé - le professeur Toriumi-sensei, le professeur assistant Kita-san et l'ingénieur Nishimura-san - font toutes partie du redouté groupe B.




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