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Le mot de la semaine

Lundi 28 août 2006

emaki


Il s’agit d’un rouleau sur lequel est écrit et illustré un récit. Cet art est apparu au Japon pendant l’ère Heian (794-1185). L’histoire se lit en déroulant le rouleau d’une main et le rembobinant de l’autre, dans le sens contraire de notre lecture occidentale (de droite à gauche). Il se range dans une jolie boite en bois.

Avant leur retour en France, Yvon et les parents d’olive nous en ont offert un (je les remercie au passage, je sais que ce sont des lecteurs assidus!). Les puristes ne vont pas apprécier ; nous l’avons mis verticalement dans notre apart ! J'aime beaucoup!

Au passage, noter l'incroyable remise en forme de mon ficus benjamina qui était sur le point de mourir il y a à peine 3 semaines!

Par Julie W.
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Mardi 5 septembre 2006
Au Japon, la mode est à la peau blanche (*). La plupart des filles se déplacent donc avec une ombrelle afin de se protéger au mieux des rayons du soleil. D’ailleurs les filles ont quasiment toujours soit un parapluie soit une ombrelle en main car dès la moindre goutte et dès le moindre rayon, elle protège leur tête. Certaines personnes âgées cachent même tout leur corps du soleil : ombrelle donc (remplacée quelque fois par une casquette à visière géante…), gants (soit tout blancs soit tout noirs, souvent en dentelle fine, quelquefois directement intégrés sur le vélo...), jupe longue...
 
la femme à l'ombrelle le vélo à manche











* Pour certain(e)s jeunes (que l'on aperçoit principalement dans le quartier branché de Shibuya), la mode du bronzage à l’extrême existe aussi : bronzées (virant au noir !), lunettes de star, mini-jupe…elles se nomment les Ganguro Girls (ガングロ)
Par Julie W.
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Samedi 16 septembre 2006

Le kanji 空 (kara) veut dire vide et oke est l'abbréviation d'orchestre (en anglais ou en français). Ce qui signifie que l'on peut chanter sans orchestre. Ici, le karaoké n'a rien à voir avec celui qui existe en France ou encore aux Etats-Unis. On loue une toute petite pièce à l'heure (avec possible option d'alcool à volonté) et l'on se retrouve à chanter (ou crier, ça dépend pour qui et ça dépend aussi si l'on a pris l'option précédente ou pas;) devant un poste de télé qui fait défiler les paroles avec de vieux clips de femmes marchant tranquillement sur la plage que l'on mette Barry White ou ACDC! A disposition : plusieurs micros et un énorme annuaire avec une liste incroyable de chansons, en grande partie japonaises mais aussi anglaises et quelques chansons françaises (parmi les préférés des Japonais : "Aux champs Elysées"!). Il y a même du Dream Theater pour ceux qui connaissent! En début de soirée, on voit des salaryman en costard faire la queue pour pourvoir chanter ensemble. Il y a aussi des tarifs préférentiels pour venir s'entraîner dans la journée afin d'épater ses collègues le soir. Car les japonais font ça très sérieusement…ce qui n’était pas notre cas hier soir ;)

Par Julie W.
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Jeudi 5 octobre 2006

En japonais l’adjectif kirei peut vouloir dire à la fois "beau, élégant" et "propre, rangé". La propreté est synonyme de beauté, ce qui montre à quel point elle est importante chez les Japonais. Il est important de toujours séparer les lieux dits « propres » des lieux « non propres ». Par exemple, l'intérieur de la maison est considéré comme un endroit propre alors que l’extérieur est un endroit sale. Ces deux zones ne doivent pas entrer en contact, c’est la raison pour laquelle les chaussures sont toujours retirées avant d’entrer dans la maison. Dans chaque maison ou appartement on retrouve donc à l’entrée un petit vestibule où l’on pose ses chaussures avant de littéralement « monter » dans la maison puisque l’on enjambe une marche qui définit une limitation précise entre l’espace sale plus bas que l’espace propre. Et c’est un véritable crime que d’entrer avec ses chaussures. Vous vous imaginez en France en train de demander à l’électricien de laisser ses chaussures sur le palier et d’enfiler des pantoufles pour venir réparer le frigo ?

interieur_temple-kyoto J’ai aussi appris qu’il y avait un lien étroit avec la religion. Dans les maisons occidentales, les dieux lares veillaient sur les familles et les crucifix sur les morts, dans les maisons japonaises, les autels domestiques (shintô ou bouddhiques) jouent ce rôle (j’emploie ici le présent car il me semble que c’est encore très présent au Japon alors qu’en France (je ne me prononce pas sur les autres pays occidentaux car en Espagne je logeais dans une maison où les crucifix ornaient chaque pièce!) il me semble que rares sont les maisons possédants encore des lares). Ainsi la maison est un espace sacré qui doit être protégé en se détachant du sol. La culture occidentale obtient ce détachement grâce au mobilier (il est impensable en France de manger notre repas les fesses par terre) et les japonais par le décollement du sol entier de la maison. Si l’on revient aux chaussures, un côté sacré s’ajoute puisque seul le mort en porte lorsqu’on l’habille pour son dernier voyage. Avoir ses chaussures dans la maison correspond donc à la souillure suprême dans la culture Shintô (de même, les chaussures de celui qui revient d’un enterrement sont aspergées de sel)1.

Dans l’espace propre de la maison japonaise, il y a une exception : les toilettes. Les toilettes font parties de la zone sale. Il est donc courant d’enfiler des chaussons spécifiques aux toilettes afin de ne pas se salir les pieds et venir souiller l’intérieur propre. Autrefois le problème ne se posait pas puisque les toilettes étaient situées à l’extérieur des maisons.

Au labo, les chaussures s'amoncèlent devant la porte de la salle de réunion.

Du coup, il faut avoir des chaussures adaptées, faciles à retirer. Le premier jour, je suis arrivée au labo avec des bottes. Je n’ai plus jamais remis mes bottes depuis. Le couloir est considéré comme zone « contaminée », les salles de caractérisation, de réunion etc…, comme zones propres. Il faut donc retirer ses chaussures avant d’entrer dans chaque salle. La visite du labo fut deux fois plus longue que prévu vu qu’ils m’attendaient pendant 5 minutes devant chaque porte !

mini_jupe_et_chaussettes_hautes Au boulot, il arrive que l'on travaille dans des salles blanches, c'est à dire sans poussière. Avant d'entrer dans ces salles, on enfile combinaison intégrale, gants et masques. Au Japon, on ote bien sûr ses chaussures, on enfile des chaussons puis des sur-chaussons. Mon chef m'a raconté sa stupéfaction lors d'une visite d'une salle blanche aux Etats-Unis lorsqu'il s'est aperçu qu'il fallait mettre des surchausses directement sur les chaussures! Pour lui c'est un comble : entrer dans une salle blanche les chaussures au pied!
J’en viens à me demander si la mode actuelle des chaussettes hautes portées par les filles avec de petites chaussures (faciles à enlever) ne consiste pas à imiter les bottes. Et aussi si les baskets-tongues-babouches ne sont pas originaires du Japon. Il y en a bien d’autres qui se demandent si les japonais n’ont pas inventé les tongues
(enfin l’auteur de l’article doute aussi de l’origine des charentaises alors que non, les charentaises proviennent de Charente, ne mélangeons pas tout ;)

1 Laurence Caillet, La maison Yamazaki, Paris, Plon/Terre humaine,1991.

Par Julie W.
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Mardi 28 novembre 2006

Au Japon il existe un mot pour désigner la mort par surmenage au travail, karoshi, maladie professionnelle reconnue depuis 1970 ! Ce mot (littéralement « mort par surtravail ») désigne la mort subite de cadres ou d'employés de bureau par arrêt cardiaque suite à une charge de travail ou à un stress trop important. Entre avril 2005 et mars 2006, 157 décès dus au karoshi ont été recensés principalement par suicide ou crise cardiaque. 173 autres personnes sont tombées gravement malades. Le total de 330 (+12,2% par rapport aux 12 mois précédents) est un record (Nouvelle Vie Ouvrière, 9 juin 2006). Et en effet au Japon on est loin des 35 heures, le code du travail fixe la durée hebdomadaire maximum du travail à 40 heures. Mais en réalité, un salarié sur quatre âgé de 30 à 40 ans, la tranche d'âge qui travaille le plus, fait plus de 60 heures par semaine. Et ce pas forcément payées : l’an dernier 170.000 salariés ont effectué l'équivalent en temps de travail de 23 milliards de yen (152 millions d'euros) sans toucher un seul yen (source).

Un autre petit mot qui ne trouve pas de traduction en français gakurekibyo. Il désigne la « maladie du diplôme » des jeunes Japonais qui travaillent de façon extrême dans le but d'obtenir leur diplôme (source).

Tout ça pour dire qu'en ce moment je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire des articles ;)

Photo : Rémy F.

Par Julie W.
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