Matsuri
Octobre : la période des matsuri se termine. Tout l’été, dans les rues de Tokyo et de tout le Japon on peut entendre des « esa esa esa esa », le chant des porteurs de chars. Ces festivals, organisés par les habitants des quartiers, ont un lien étroit avec l’agriculture, ils faisaient autrefois référence généralement à la plantation ou la récolte du riz. Chaque quartier possède un petit sanctuaire dans lequel repose toute l’année un (ou plusieurs) temple(s) portatif(s) (les mikoshi). Et le jour du festival, les mikoshi sont de sortie. Tous les habitants du quartiers enfilent le hanten, le kimono de coton tagué au nom du quartier et les tabi, chaussures-chaussettes pour pied à un orteil ! Le festival est destiné à apaiser les divinités en les transportant dans le mikoshi jusqu’à un autre temple plus grand et à la fin de la journée, les mikoshi retournent dans le sanctuaire pour une année de repos bien méritée !


En mai, nous avions assisté au festival du quartier Asakusa, une gigantesque procession qui attire chaque année plus de 1 700 000 personnes pendant les 3 jours de festival : une cinquantaine de mikoshi sont de sortie, les rues interdites à la circulation débordent, les porteurs sont en transe, le son des flûtes, du tambour et les chants des porteurs résonnent dans toutes les ruelles. La parade s’arrête devant le Senso-ji, un des temples les plus vénérés de Tokyo qui est bien sûr plein à craquer.
Grâce à Olivier G., nous avons pu le mois dernier, participer au festival de son quartier Meguro. Un peu après midi, on a enfilé les hanten prêtés par le proprio d'Olivier et nous pouvions (presque) nous fondre dans la population locale !
En suivant les habitants du quartier, nous essayons de ne pas trop faire tâche (avec 2 personnes de plus d’un mètre 90 c’est pas évident !). Mais on est finalement vite intégré, et les mecs assurent les relais pour porter le char, ce qui s’avère pas si évident que ça quand on fait 20 centimètres de plus que les autres!
Les enfants en tête de la parade sont fiers de porter un temple miniature. On s’arrête assez souvent pour boire une petite bière offerte par les commerçants du quartier. Au bout d'une heure, les "washoi washoi" et "esa esa" gravés dans nos têtes, on débouche sur une grande artère avant d'attendre notre passage devant le grand temple.


Pour nous, le défilé s'est terminé devant une barquette d'Okonomiyaki, littéralement du "Comme il vous plaiera grillé"! Il y avait en effet une sorte de crêpe recouverte de pâtes, de choux et de fines tranches de porc. Près du temple, pleins de stands sont dressés pour l'occasion, on se croierait un peu à la fête foraine : bananes enrobées de chocolat recouvertes de sucre multicolore, barbes-à-papa, poissons grillés, et stands de pèche à la ligne avec de vrais poissons pour les enfants...