


On a passé 3 nuits au camping de la plage paradisiaque de Luengoni au sud-est de l’île. Le camping est la propriété d’un kanak chef de tribu ouvert au tourisme (à très petite échelle). Il organise des petites excursions à une grotte souterraine voisine et nous a emmené nager avec des tortues mais surtout il nous a raconté des histoires de malade le soir au repas. Son ennemi, c’est le blanc.. le requin blanc comme il aime bien dire. Oui donc il y a pas mal de requin dans la zone, blanc et gris, et monsieur fait de la pêche en apnée de nuit … il nous a donc raconté comment les requins attaquent, comment on les éloigne pour prendre les langoustes (il faut faire tourner sa lampe continuellement autour de soi car il attaque face à la lumière puis lui mettre un coup de poing quand il passe à côté de soi…ok), comment on se fait très peur à partir d’une certaine taille (2-3m) et comment généralement on a pas peur 3 fois puisque la deuxième fois on tombe dans les pommes avant de pouvoir faire quelque chose etc… enfin bon bien marrant, après ça a enchaîné sur les murènes et les serpents mortels…Toujours est-il que quand il nous a balancés un peu au large, au niveau du tombant dans du bleu profond (30m), les coraux et la luminosité était magnifique mais Julie est restée 5s dans l’eau et personnellement le bateau est resté dans un rayon de 30m. Après cette sortie, il nous a raconté les histoires qu’il n’avait pas osé nous raconter la veille … celles concernant les touristes. Puis celles des effets du Kava. C’est une boisson du Vanuatu voisin, à base de racines. Boisson, c’est beaucoup dire, c’est plutôt de la boue diluée qui a un effet anesthésiant. On s’est arrêté au premier verre qui anesthésie effectivement un peu la langue mais au bout de 3-4, le corps ne bouge plus beaucoup. Si c’est combiné à l’alcool, cela entraine une perte de la mémoire et de la vue, sympa. Il y a aussi eu les histoires sur la « tisane », boisson à base de datura qui a un effet hallucinogène…mortel (lire les trucs de dingues là-dedans). Dernier soir dans ce camping, on est resté à la bière finalement et on s’est fait une soirée barbec bien sympa avec les autres personnes du camping.


Le lendemain, accompagné de deux globe trotters on est parti vers les falaises de Jokin au Nord. Endroit idéal pour faire un peu de plongée au milieu des coraux. Lorsque la profondeur augmente au delà des 15m, lorsque la visibilité diminue en s’approchant trop près des patates de corail, on pense aux histoires de la veille et on commence à palmer fort … l’erreur à ne pas faire :)




On a fait les deux grands classiques, la plage de Kunamera, proche de notre camping et la piscine naturelle avec de beaux poissons multicolores de l’autre côté de l’île. On s’est déplacé partout en vélo, on était seul, il faut dire que, à part les plages, c’est désertique et sans ombre. On a fait aussi l’ascension du plus haut sommet (environ 250m !) avec une belle vue de l’île et des lagons alentours.

Nous venons honteusement d’user de notre statut de Français pour prendre 13 jours de vacances (avec 2 WE inclus tout de même …) en Nouvelle Calédonie. C’est une bonne occasion d’être au Japon pour le temps de vol et le prix. Passé l’effet de surprise chez les collègues Japs qui se demandaient qu’est qu’on pouvait bien faire avec autant de jours (eux revenaient de leurs grandes vacances de fin d’année, du 30 décembre au 3 janvier), cela n’a pas posé de problème : « Si c’est pour la famille… » hummm, en effet depuis le début, où j’ai signalé que la Nouvelle Calédonie était un territoire Français, mon sensei (boss) est persuadé que je rentre voir mes parents. J’ai tenté à maintes reprises de dire que c’était juste pour voyager, visiter mais il m’a semblé qu’on allait « forcément » voir quelqu’un dans son esprit. Bref, je ne sais pas encore si j’explique mon bronzage appuyé par une semaine au ski (le pb c’est que ça voudrait dire que j’ai skié sans lunettes ni gants) ou si je recommence une explication de notre misunderstanding…

Rapide compte rendu en 3 étapes : la Grande Terre, l’île des Pins, et l’île de Lifou.
L’impression générale, c’est que c’est un pays qui vit son truc, assez traditionnel, faiblement orienté vers le tourisme et c’est plutôt agréable. Grand contraste avec le développement touristique de la Réunion par exemple. Beaucoup d’endroits sauvegardés du coup. A l’écart de la région balnéaire de Nouméa et de quelques cases de luxe aperçues sur l’île des Pins, il n’y a plus que les tribus kanaks qui vivent au rythme du soleil, des petits villages avec une épicerie vieillotte, des terrains de campings quasi vides, des plages désertes, de la végétation luxuriante. Le rythme de vie est assez différent de celui de Tokyo... on s’est fait prendre une ou deux fois oubliant d’acheter à manger avant la sieste de midi ou avant 19h, on a vite compris qu’il serait pas facile de manger. Les gens des tribus enfin sont très accueillants et souriants avec l’étranger, notamment à Lifou. Parfois, on peut se sentir différent avec notre 106 blanche toute neuve et notre appareil photo numérique mais ça passe bien.


Pour se balader sur la Grande Terre, on a loué une voiture. On a longé d’abord la côte Ouest pour arriver jusqu'à Voh et son cœur rendu célèbre par la photo de couverture de « La terre vue du ciel ». Au ras du sol, on voit bien la mangrove, on sent bien les moustiques, mais on ne voit pas le cœur. On a tenté de traverser la Grande Terre d’Ouest en Est par des petites routes en terre au milieu des tribus mais on a toujours fini devant un ruisseau un peu trop gros pour notre 106. On a donc pris une route principale pour arriver à Hienghène et sa poule (voir la première photo). Région très belle. Un petit tour en kayak, visite de la côte, traversée d’un fleuve en bac, barbec au camping le long de la plage, un peu de plongée.




A noter la présence de nombreux « distributeurs » : petits étalages abrités du soleil où reposent quelques ananas ou bananes et où on laisse quelques pièces dans un bocal. C’est moins électronique qu’à Tokyo, mais dans certaines régions il y en a autant. Retour vers Nouméa par la côte Est qui devient moins belle vers le Sud où la montagne ressemble à une grande carrière. Tout au Sud de la Grande Terre, il existe le GR1 qui peut se faire en 2 ou 3 jours. En se baladant en voiture on n’était pas mécontent de ne pas s’être lancé avec nos sacs à dos : c’est de la garrigue sur terre rouge à perte de vue et sans un poil d’ombre. Et cette région est moins belle à mon goût que le Nord-Est de la Grande Terre.




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